Beaucoup de Bruit pour Rien by William. Spurious and doubtful works Shakespeare


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Page 40

L�ONATO.--Je t'en prie, tais-toi; je suis de chair et de sang. Il n'y a
jamais eu de philosophe qui p�t endurer le mal de dents avec patience;
cependant ils ont �crit dans le style des dieux et nargu� le sort et la
douleur.

ANTONIO.--Du moins ne tournez pas contre vous seul tout le chagrin;
faites souffrir aussi ceux qui vous offensent.

L�ONATO.--En ceci vous parlez raison; oui, je le ferai. Mon �me me dit
qu'H�ro est calomni�e; Claudio l'apprendra, le prince aussi, et tous
ceux qui la d�shonorent.

(Don P�dre et Claudio entrent.)

ANTONIO.--Voici le prince et Claudio qui s'avancent � grands pas.

DON P�DRE.--Bonsoir, bonsoir!

CLAUDIO.--Salut � vous deux.

L�ONATO.--Seigneurs, �coutez-moi....

DON P�DRE.--L�onato, nous sommes un peu press�s

L�ONATO.--Un peu press�s, seigneurs?--Soit, adieu. Seigneurs, vous �tes
donc press�s maintenant? Soit; peu importe!

DON P�DRE.--Ne vous f�chez point contre nous, bon vieillard.

ANTONIO.--S'il pouvait, se f�chant, se faire justice � lui-m�me,
quelques-uns de nous mordraient la poussi�re.

CLAUDIO.--Qui donc l'offense?

L�ONATO.--Toi, toi, tu m'offenses, toi, homme dissimul�. Va, ne porte
point la main � ton �p�e; je ne te crains pas.

CLAUDIO.--Sur ma parole, je maudirais ma main, si elle donnait un pareil
sujet de crainte � votre vieillesse. En v�rit�, ma main ne voulait rien
� mon �p�e.

L�ONATO.--Fi donc! fi donc! Jeune homme, ne te moque pas et ne plaisante
pas de moi! Je ne parle pas en radoteur ou en fou; et je ne me couvre
point du privil�ge de l'�ge, pour me vanter des exploits que j'ai faits
�tant jeune, ou de ceux que je ferais, si je n'�tais pas vieux. Retiens,
Claudio, ce que je te dis en face; tu as si cruellement outrag� mon
innocente fille et moi, que je suis forc� de d�poser ma gravit� et
d'en venir, sous ces cheveux blancs et bris� par de longs jours, � te
demander la satisfaction qu'un homme doit � un autre. Je te dis que tu
as calomni� ma fille innocente, que ta calomnie lui a perc� le coeur, et
qu'elle est gisante, ensevelie avec ses anc�tres dans une tombe, h�las!
o� le d�shonneur ne dormit jamais, avant celui dont ta l�che perfidie a
souill� ma fille.

CLAUDIO.--Ma perfidie!

L�ONATO.--Ta perfidie, Claudio; je dis, la tienne.

DON P�DRE.--Vous ne dites pas vrai, vieillard.

L�ONATO.--Seigneur, seigneur, je le prouverai sur son corps s'il ose
accepter le d�fi; en d�pit de son adresse � l'escrime, de son agilit�,
en d�pit de sa robuste jeunesse et de la fleur de son printemps.

CLAUDIO.--Retirons-nous; je ne veux rien avoir � faire avec vous.

L�ONATO.--Peux-tu me rebuter ainsi? Tu as tu� mon enfant; si tu me tues,
mon gar�on, tu auras tu� un homme.

ANTONIO.--Il en tuera deux de nous, et qui sont vraiment des hommes.
Mais n'importe; qu'il en tue d'abord un; qu'il vienne � bout de
moi.--Laissez-le me faire raison.--Allons, suis-moi, mon gar�on; viens,
suis-moi. Monsieur le gamin, je parerai vos bottes avec un fouet; oui,
comme je suis gentilhomme, je le ferai.

L�ONATO.--Mon fr�re!....

ANTONIO.--Soyez tranquille. Dieu sait que j'aimais ma ni�ce, et elle est
morte,--elle est morte de la calomnie de ces tra�tres, qui sont aussi
hardis � r�pondre en face � un homme, que je le suis � prendre un
serpent par la langue; des enfants, des singes, des vantards, des
faquins, des poules mouill�es.

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Books | Photos | Paul Mutton | Sat 17th Jan 2026, 9:27