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Page 39
LE SACRISTAIN.--C'en est plus, messieurs, que vous n'en pouvez nier. Le
prince don Juan s'est secr�tement �vad� ce matin; c'est ainsi qu'H�ro
a �t� accus�e et refus�e; et elle en est tout � coup morte de douleur.
Monsieur le constable, faites lier ces hommes et qu'on les conduise
devant L�onato. Je vais les pr�c�der et lui montrer leur interrogatoire.
(Il sort.)
DOGBERRY.--Allons aux opinions sur leur sort.
VERGES.--Qu'on les encha�ne.
CONRAD.--Retire-toi, faquin!
DOGBERRY.--O Dieu de ma vie, o� est le sacristain? qu'il �crive
que l'_officier du prince est un faquin_. Impudent varlet! Allons;
garrottez-les.
CONRAD.--Arri�re! tu n'es qu'un �ne, tu n'es qu'un �ne.
DOGBERRY.--Ne _suspectez-vous_ pas ma place, ne _suspectez-vous_ pas
mon �ge? Oh! que n'est-il ici pour �crire que _je suis un �ne_! Mais,
compagnons, souvenez-vous-en que _je suis un �ne_. Quoique cela ne soit
point �crit, n'oubliez pas que _je suis un �ne_. Toi, m�chant, tu es
plein de _pi�t�_, comme on le prouvera par bon t�moignage. Je suis un
homme sage, et qui plus est, un constable, et qui plus est encore, un
bourgeois �tabli, et qui plus est, un homme aussi bien en chair que qui
ce soit � Messine; un homme qui conna�t la loi, va; un homme qui est
riche assez, entends-tu, et qui a souffert des pertes, et qui a deux
robes et tout ce qui s'ensuit � l'avenant. Emmenez, emmenez-le. Oh! que
n'a-t-on �crit que _j'�tais un �ne_!
(Ils sortent.)
FIN DU QUATRI�ME ACTE.
ACTE CINQUI�ME
SC�NE I
Devant la maison de L�onato.
_Entrent_ L�ONATO ET ANTONIO.
ANTONIO.--Si vous continuez, vous vous tuerez, et il n'est pas sage de
servir ainsi le chagrin contre vous-m�me.
L�ONATO.--De gr�ce, cessez vos conseils, qui tombent dans mon oreille
avec aussi peu de fruit que l'eau dans un crible. Ne me donnez plus
d'avis, je ne veux �couter d'autre consolateur qu'un homme dont les
malheurs �galent les miens. Amenez-moi un p�re qui ait autant aim� son
enfant, et dont la joie qu'il go�tait en elle ait �t� an�antie comme la
mienne, et dites-lui de me parler de patience. Mesurez la profondeur et
l'�tendue de sa douleur sur la mienne. Que ses regrets r�pondent � mes
regrets, et que sa douleur soit en tout semblable � la mienne, trait
pour trait dans la m�me forme et dans tous les rapports. Si un tel p�re
veut sourire et se caresser la barbe en s'�criant, _chagrin, loin
de moi!_ et faire _hum!_ lorsqu'il devrait g�mir; raccommoder son
affliction par des adages, et enivrer son infortune avec des buveurs
nocturnes; amenez-le moi, et j'apprendrai de lui la patience: mais il
n'y a point d'homme semblable. Les hommes, mon fr�re, peuvent bien
donner des conseils et des consolations � la douleur qu'ils ne
ressentent point eux-m�mes; mais une fois qu'ils l'ont go�t�e, ceux qui
pr�tendaient fournir un rem�de de maximes � la rage, encha�ner le d�lire
forcen� avec un r�seau de soie, charmer les mots par les sons, et
l'agonie avec des paroles, sont les premiers � changer leurs conseils
en fureur. Non, non, c'est le m�tier de tous les hommes de parler de
patience � ceux qui se tordent sous le poids de la douleur: mais il
n'est pas au pouvoir de la vertu de l'homme de conserver tant de morale,
lorsqu'il supporte lui-m�me la m�me souffrance. Ne me donnez donc point
de conseils; mes maux crient plus haut que vos maximes.
ANTONIO.--Il s'ensuit que les hommes ne diff�rent en rien des enfants.
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