Beaucoup de Bruit pour Rien by William. Spurious and doubtful works Shakespeare


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Page 28

CONRAD.--Oui, la mode est la mode.

BORACHIO.--Bah! autant dire un sot est un sot. Mais ne vois-tu pas quel
voleur maladroit est la mode?

UN GARDIEN.--Je connais ce La Mode, c'est un voleur depuis sept ans. Il
s'introduit �� et l� mis en gentilhomme; je me rappelle son nom.

BORACHIO.--N'as-tu pas entendu quelqu'un?

CONRAD.--Non, c'est la girouette sur le toit.

BORACHIO.--Ne vois-tu pas, dis-je, quel maladroit voleur est la mode?
Par quels vertiges elle renverse toutes les t�tes chaudes, depuis
quatorze ans jusqu'� trente-cinq; parfois elle les affuble comme les
soldats de Pharaon dans les tableaux enfum�s, tant�t comme les pr�tres
du dieu Baal dans les vieux vitraux de l'�glise; quelquefois comme
l'Hercule ras�[32] dans la tapisserie fan�e et rong�e des vers, o� son
petit doigt semble aussi gros que sa massue?

[Note 32: Pharaon, Hercule, personnages de tapisseries.]

CONRAD.--Je vois tout cela, et que la mode use plus d'habits que
l'homme. Mais n'es-tu pas entra�n� toi-m�me par la mode, en t'�cartant
de ton r�cit pour me parler de la mode?

BORACHIO.--Nullement. Mais sache que cette nuit j'ai courtis�
Marguerite, la suivante de la signora H�ro, sous le nom d'H�ro; elle m'a
tendu la main par la fen�tre de la chambre de sa ma�tresse, et m'a dit
mille fois adieu!--Je raconte cela horriblement mal. J'aurais d� d'abord
te dire que le prince, Claudio et mon ma�tre, plac�s, post�s et pr�venus
par mon ma�tre don Juan, ont vu de loin, du verger, cette entrevue
amoureuse.

CONRAD.--Et ils croyaient que Marguerite �tait H�ro?

BORACHIO.--Deux d'entre eux l'ont cru, le prince et Claudio. Mais mon
d�mon de ma�tre savait que c'�tait Marguerite. D'un c�t�, gr�ce � ses
serments qui les ont d'abord s�duits; de l'autre, gr�ce � la nuit
obscure qui les a d��us, mais surtout � mon man�ge qui confirmait toutes
les calomnies invent�es par don Juan, Claudio est parti plein de rage,
jurant d'aller la joindre demain matin au temple � l'heure marqu�e, et
l�, devant toute l'assembl�e, de la d�shonorer par le r�cit de ce qu'il
a vu cette nuit, et de la renvoyer chez elle sans �poux.

PREMIER GARDIEN _s'avan�ant_.--Nous vous sommons au nom du prince,
arr�tez.

SECOND GARDIEN.--Appelez le grand chef constable. Nous avons ici d�terr�
le plus dangereux complot de d�bauche qui se soit jamais vu dans la
r�publique.

PREMIER GARDIEN.--Et un certain La Mode[33] est de leur bande; je le
connais, il porte une boucle de cheveux.

[Note 33: En anglais, c'est le mot _deformed_ que les gardiens
prennent pour un nom d'homme.]

CONRAD.--Messieurs, messieurs!

PREMIER GARDIEN.--On vous forcera bien de faire compara�tre La Mode; je
vous le garantis.

CONRAD.--Messieurs!....

PREMIER GARDIEN.--Taisez-vous, nous vous l'ordonnons; nous vous ob�irons
en vous conduisant.

BORACHIO.--Nous avons l'air de devenir une bonne marchandise, apr�s
avoir �t� ramass�s par les piques de ces gens-l�.

CONRAD.--Une marchandise compromise, je vous en r�ponds; venez, nous
vous ob�irons.

(Ils sortent.)

SC�NE IV

Appartement dans la maison de L�onato. H�RO, MARGUERITE, URSULE.

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Books | Photos | Paul Mutton | Fri 16th Jan 2026, 9:49