|
Main
- books.jibble.org
My Books
- IRC Hacks
Misc. Articles
- Meaning of Jibble
- M4 Su Doku
- Computer Scrapbooking
- Setting up Java
- Bootable Java
- Cookies in Java
- Dynamic Graphs
- Social Shakespeare
External Links
- Paul Mutton
- Jibble Photo Gallery
- Jibble Forums
- Google Landmarks
- Jibble Shop
- Free Books
- Intershot Ltd
|
books.jibble.org
Previous Page
| Next Page
Page 19
CLAUDIO, _bas_.--Il a pris la maladie; redoublez.
DON P�DRE.--A-t-elle laiss� voir sa tendresse � B�n�dick?
L�ONATO.--Non, et elle proteste qu'elle ne l'avouera jamais; c'est l�
son tourment.
CLAUDIO.--Rien n'est plus vrai; c'est ce que dit votre H�ro. _Quoi!_
dit-elle, _�crirai-je � un homme, que j'ai souvent accabl� de mes
d�dains, que je l'aime?_
L�ONATO.--Voil� ce qu'elle dit, lorsqu'elle se met � lui �crire; car
elle se l�ve vingt fois dans la nuit et reste assise en chemise, jusqu'�
ce qu'elle ait �crit une feuille de papier.--H�ro me rend compte de
tout.
CLAUDIO.--En parlant de feuille de papier, vous me rappelez un badinage
que votre fille nous a cont�.
L�ONATO.--Ah! oui. Quand elle eut �crit, en relisant sa lettre, elle
trouva les noms de _B�atrice_ et _B�n�dick_ s'embrassant sur les deux
feuillets.
CLAUDIO.--C'est cela.
L�ONATO.--Alors, elle mit sa lettre en mille pi�ces grandes comme un
sou, s'emporta contre elle-m�me d'avoir assez peu de r�serve pour �crire
� un homme qu'elle savait bien devoir se moquer d'elle. �Je mesure son
�me sur la mienne, dit-elle, car je me moquerais de lui s'il venait �
m'�crire; oui, quoique je l'aime, je me moquerais de lui.�
CLAUDIO.--Puis elle tombe � genoux, pleure, sanglote, se frappe
la poitrine, s'arrache les cheveux; elle prie, elle maudit; _Cher
B�n�dick!... O Dieu! donne-moi la patience_.
L�ONATO.--Voil� ce qu'elle fait, ma fille le dit; et les transports de
l'amour l'ont r�duite � un tel point que ma fille craint parfois qu'elle
ne se fasse du mal dans son d�sespoir. Tout cela est parfaitement vrai.
DON P�DRE.--Il serait bien que B�n�dick le s�t par quelque autre, si
elle ne veut pas le d�clarer elle-m�me.
CLAUDIO.--A quoi bon? Ce serait un jeu pour lui, et il tourmenterait
d'autant plus cette pauvre femme.
DON P�DRE.--S'il en �tait capable, ce serait une bonne oeuvre que de le
pendre; c'est une excellente et tr�s-aimable personne, et sa vertu est
au-dessus de tout soup�on.
CLAUDIO.--Et elle est remplie de sagesse.
DON P�DRE.--Sur tous les points, sauf son amour pour B�n�dick.
L�ONATO.--Oh! seigneur, quand la sagesse et la nature combattent dans un
corps si d�licat, nous avons dix preuves pour une que la nature remporte
la victoire; j'en suis f�ch� pour elle, comme j'en ai de bonnes raisons,
�tant son oncle et son tuteur.
DON P�DRE.--Que n'a-t-elle tourn� son tendre penchant sur moi! J'aurais
�cart� toute autre consid�ration, et j'aurais fait d'elle ma moiti�. Je
vous en prie, informez-en B�n�dick, et sachons ce qu'il dira.
L�ONATO.--Cela serait-il � propos? Qu'en pensez-vous?
CLAUDIO.--H�ro croit que s�rement sa cousine en mourra; car elle dit
qu'elle mourra s'il ne l'aime point, et qu'elle mourra plut�t que de lui
laisser voir son amour; et qu'elle mourra s'il lui fait la cour plut�t
que de rabattre un point de sa malice accoutum�e.
DON P�DRE.--Elle a raison; s'il la voyait jamais lui offrir son amour,
je ne r�pondrais pas qu'elle n'en f�t d�daign�e; car, comme vous le
savez tous, il est dispos� au d�dain.
CLAUDIO.--Il est bien fait de sa personne.
DON P�DRE.--Et dou� d'une physionomie heureuse, on ne peut le nier.
CLAUDIO.--Devant Dieu et dans ma conscience, je le trouve
tr�s-raisonnable.
Previous Page
| Next Page
|
|