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Page 18
BALTHAZAR _chante_.
Ne soupirez plus, mesdames, ne soupirez plus,
Les hommes furent toujours des trompeurs,
Un pied dans la mer, l'autre sur le rivage,
Jamais constants � une seule chose.
Ne soupirez donc plus;
Laissez-les aller;
Soyez heureuses et belles;
Convertissez tous vos chants de tristesse
Eh eh nonny! eh nonny!
Ne chantez plus de complaintes, ne chantez plus
Ces peines si ennuyeuses et si pesantes;
La perfidie des hommes fut toujours la m�me
Depuis que l'�t� eut des feuilles pour la premi�re fois;
Ne soupirez donc plus, etc., etc.
DON P�DRE.--Sur ma parole, une bonne chanson.
BALTHAZAR.--Oui, seigneur, et un mauvais chanteur.
DON P�DRE.--Ah! non, non; ma foi vous chantez vraiment assez bien pour
un cas de n�cessit�.
B�N�DICK, _� part_.--Si un dogue e�t os� hurler ainsi, on l'aurait
pendu. Je prie Dieu que sa vilaine voix ne pr�sage point de malheur:
j'aurais autant aim� entendre la chouette nocturne, quelque fl�au qui
e�t pu suivre son cri.
DON P�DRE, _� Claudio_.--Oui, sans doute. (_A Balthazar_.) Vous
entendez, Balthazar; procurez-nous, je vous en prie, des musiciens
d'�lite, la nuit prochaine: nous voulons les rassembler sous la fen�tre
d'H�ro.
BALTHAZAR.--Les meilleurs qu'il me sera possible, seigneur.
DON P�DRE.--N'y manquez pas, adieu! (_Balthazar sort_.) L�onato,
approchez. Que me disiez-vous donc aujourd'hui que votre ni�ce B�atrice
aimait le seigneur B�n�dick?
CLAUDIO.--Oui, sans doute.--(_A don P�dre_.) Avancez, avancez[22],
l'oiseau est pos�.--(_Haut_.) Je n'aurais jamais cru que cette dame p�t
aimer quelqu'un.
[Note 22: _Stalk on_, terme de chasse.]
L�ONATO.--Ni moi; mais ce qu'il y a de plus surprenant, c'est qu'elle
raffole ainsi du seigneur B�n�dick, lui que, d'apr�s ses mani�res
ext�rieures, elle a paru toujours d�tester.
B�N�DICK, _� part_.--Est-il possible? le vent souffle-t-il de ce c�t�?
L�ONATO.--Par ma foi, seigneur, je ne sais qu'en penser, si ce n'est
qu'elle l'aime � la rage; cela d�passe l'imagination.
DON P�DRE.--Peut-�tre que ce n'est qu'une feinte de sa part.
CLAUDIO.--Ma foi, c'est assez probable.
L�ONATO.--Une feinte? Bon Dieu! jamais passion feinte ne ressembla
d'aussi pr�s � une passion v�ritable que celle qu'elle t�moigne.
DON P�DRE.--Oui? Et quels sympt�mes de passion montre-t-elle donc?
CLAUDIO, _bas_.--Amorcez la ligne, ce poisson mordra.
L�ONATO.--Quels sympt�mes, seigneur? Elle s'asseoira... vous avez
entendu ma fille vous dire comment.
CLAUDIO.--C'est vrai, elle nous l'a dit.
DON P�DRE.--Comment, comment, je vous prie? Vous m'�tonnez: j'aurais
jug� sa fiert� inaccessible � tous les assauts de la tendresse.
L�ONATO.--Je l'aurais jur� aussi, seigneur, surtout pour B�n�dick.
B�N�DICK, _� part_.--Je prendrais ceci pour une attrape si ce gaillard
� barbe blanche ne le racontait pas. S�rement la tromperie ne peut se
cacher sous un aspect si v�n�rable.
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