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Page 14
[Note 18: D�esse de la vengeance ou de la discorde.]
(Rentrent Claudio et B�atrice.)
DON P�DRE.--Regardez, la voici qui vient.
B�N�DICK.--Voulez-vous m'envoyer au bout du monde pour votre service?
Je vais � l'instant aux antipodes sous le plus l�ger pr�texte que vous
puissiez inventer. Je cours vous chercher un cure-dent aux derni�res
limites de l'Asie, prendre la mesure du pied du Pr�tre-Jean[19], vous
chercher un poil de la barbe du grand Cham, n�gocier quelque ambassade
chez les Pygm�es, plut�t que de soutenir un entretien de trois paroles
avec cette harpie. N'avez-vous aucun emploi � me confier?
[Note 19: Souverain de l'Abyssinie, ou de la Haute-Asie.]
DON P�DRE.--Nul autre que de tenir � votre bonne compagnie.
B�N�DICK.--O Dieu! seigneur, vous avez c�ans un mets qui n'est pas de
mon go�t; je ne puis souffrir madame _Caquet_.
(Il sort.)
DON P�DRE.--Je vous apprends, madame, que vous avez perdu le coeur du
seigneur B�n�dick.
B�ATRICE.--Il est vrai, prince, qu'il me l'a pr�t� jadis un moment, et
je lui en donnai l'int�r�t, un coeur double pour un coeur simple. Il m'a
regagn� son coeur avec des d�s pip�s. Ainsi Votre Altesse fait bien de
dire que je l'ai perdu.
DON P�DRE.--Vous l'avez mis par terre, madame, vous l'avez mis par
terre.
B�ATRICE.--Je serais bien f�ch�e qu'il pr�t un jour sa revanche sur moi,
seigneur; je craindrais trop d'�tre la m�re de quelques imb�ciles.--J'ai
amen� le comte Claudio que j'ai envoy� chercher.
DON P�DRE.--Eh bien! qu'avez-vous, comte? Pourquoi �tes-vous triste?
CLAUDIO.--Seigneur, je ne suis point triste.
DON P�DRE.--Qu'�tes-vous donc? malade?
CLAUDIO.--Ni malade, seigneur.
B�ATRICE.--Le comte n'est ni triste ni malade, ni bien portant ni
gai.--Mais vous �tes poli, comte, poli comme une orange, et un peu de la
m�me teinte jalouse.
DON P�DRE.--S�rieusement, madame, je crois votre blason fid�le; et
cependant si Claudio est ainsi, je lui jure que ses soup�ons sont
injustes.--Voil�, Claudio, j'ai fait la cour en votre nom; et la belle
H�ro s'est rendue. Je viens de sonder son p�re; il donne son agr�ment.
Indiquez le jour du mariage, et que Dieu vous rende heureux.
L�ONATO.--Comte, recevez ma fille de ma main, et avec elle ma fortune.
Son Altesse a fait le mariage, et que tous y applaudissent.
B�ATRICE.--Parlez, comte, c'est votre tour.
CLAUDIO.--Le silence est l'interpr�te le plus �loquent de la joie. Je
ne serais que faiblement heureux si je pouvais dire combien je le
suis.--(_A H�ro_.) Si vous �tes � moi, madame, je suis � vous; je me
donne en �change de vous, et suis passionn�ment heureux de ce march�.
B�ATRICE.--Parlez, ma cousine; ou si vous ne pouvez pas, fermez lui la
bouche par un baiser, et ne le laissez pas parler non plus.
DON P�DRE.--En v�rit�, mademoiselle, vous avez le coeur gai.
B�ATRICE.--Oui, monseigneur, je l'en remercie; le pauvre diable se tient
toujours contre le vent du souci.--Ma cousine lui dit � l'oreille qu'il
habite dans son coeur.
CLAUDIO.--Et c'est en effet ce qu'elle me dit, ma cousine.
B�ATRICE.--Bon Dieu! voil� donc encore une alliance!--C'est ainsi
que chacun entre dans le monde; il n'y a que moi qui sois br�l�e du
soleil[20]. Il faut que j'aille m'asseoir dans un coin, pour crier:
_Hol�! un mari!_
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