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Page 13
CLAUDIO.--O�?
B�N�DICK.--Au pied du premier saule, comte, pour vos affaires. Comment
voulez-vous porter la guirlande que nous tresserons? A votre cou
comme la cha�ne d'un usurier[15], ou sous le bras comme l'�charpe d'un
capitaine? Il faut la porter de fa�on ou d'autre, car le prince s'est
empar� de votre H�ro.
[Note 15: Parure des citoyens opulents du temps de Shakspeare.]
CLAUDIO.--Je lui souhaite beaucoup de bonheur avec elle.
B�N�DICK.--Vraiment vous parlez comme un honn�te marchand de b�tail;
voil� comme ils vendent leurs boeufs.--Mais auriez-vous cru que le
prince vous e�t trait� de cette mani�re?
CLAUDIO.--De gr�ce, laissez-moi.
B�N�DICK.--Oh! voil� que vous frappez comme un aveugle. C'est l'enfant
qui vous a d�rob� votre viande, et vous battez la borne[16].
[Note 16: Allusion � l'aveugle de Lazarille de Tormes.]
CLAUDIO.--Puisqu'il ne vous pla�t pas de me laisser, je vous laisse,
moi.
(Il sort.)
B�N�DICK.--H�las! pauvre oiseau bless�, il va se glisser dans quelque
haie. Mais... que B�atrice me connaisse si bien... et pourtant me
connaisse si mal! Le bouffon du prince! Ah! il se pourrait bien qu'on
me donn�t ce titre, parce que je suis jovial.--Non, je suis sujet � me
faire injure � moi-m�me; je ne passe point pour cela. C'est l'esprit
m�chant, envieux de B�atrice, qui se dit le monde, et me peint sous ces
couleurs. Fort bien, je me vengerai de mon mieux.
(Entrent don P�dre, H�ro et L�onato.)
DON P�DRE.--Ah! signor, o� trouverai-je le comte? L'avez-vous vu.
B�N�DICK.--Ma foi, seigneur, je viens de jouer le r�le de dame Renomm�e.
J'ai trouv� ici le comte, aussi m�lancolique qu'une cabane dans une
garenne[17]. Je lui dis, et je crois avoir dit vrai, que Votre Altesse
avait conquis les bonnes gr�ces de cette jeune dame. Puis je lui offre
de l'accompagner jusqu'� un saule, soit pour lui tresser une guirlande,
comme � un amant d�laiss�, ou pour lui fournir un faisceau de verges,
comme � un homme qui m�riterait d'�tre fouett�.
[Note 17: �Ce qui reste de la fille de Sion est comme une cabane dans
un vignoble, comme une loge nocturne dans un jardin de concombres.�
(_Isa�e_, chap. 1.)]
DON P�DRE.--D'�tre fouett�! Et quelle est sa faute?
B�N�DICK.--La sottise d'un �colier qui, dans sa joie d'avoir trouv� un
nid d'oiseau, le montre � son camarade, et celui-ci le vole.
DON P�DRE.--Traiterez-vous de faute une marque de confiance? La faute
est au voleur.
B�N�DICK.--Et cependant il n'e�t pas �t� mal � propos qu'on eut pr�par�
et les verges et la guirlande. Le comte aurait pu porter la guirlande,
et il aurait pu donner les verges � Votre Altesse qui, � ce que je
crois, lui a vol� son nid d'oiseaux.
DON P�DRE.--Je ne veux que leur apprendre � chanter, et les rendre
ensuite � leur l�gitime ma�tre.
B�N�DICK.--Si leur chant s'accorde avec votre langage, vous parlez en
honn�te homme.
DON P�DRE.--La signora B�atrice vous pr�pare une querelle. Le cavalier
qui dansait avec elle lui a dit que vous lui faisiez beaucoup de tort.
B�N�DICK.--Oh! elle m'a maltrait� � faire perdre patience � un bloc! Un
ch�ne, n'ayant plus qu'une feuille verte, lui aurait r�pondu. Mon masque
m�me commen�ait � prendre vie et � la quereller. Elle m'a dit, sans se
douter qu'elle me parlait � moi-m�me, que j'�tais le bouffon du prince,
et que j'�tais plus insipide qu'un grand d�gel. Entassant sarcasmes sur
sarcasmes, avec une habilet� inconcevable, elle m'en a tant dit que je
suis rest� comme un homme en butte aux traits de toute une arm�e qui
tire sur lui. Ses propos sont des poignards; chaque mot vous tue. Si son
souffle �tait aussi terrible que ses expressions, il n'y aurait aupr�s
d'elle personne en vie, elle lancerait la mort jusqu'au p�le.--E�t-elle
tous les biens dont Adam fut le ma�tre, avant qu'il e�t transgress�, je
ne voudrais pas d'elle pour mon �pouse. Elle e�t fait tourner la broche
� Hercule, et aurait fendu sa massue pour entretenir le feu. Allons, ne
me parlez pas d'elle, c'est l'infernale �t�[18] bien habill�e. Pl�t �
Dieu que quelque clerc daign�t la conjurer! car, tant qu'elle sera sur
cette terre, on pourrait vivre en enfer aussi tranquillement que dans un
sanctuaire; et les gens p�chent expr�s afin d'y arriver plus t�t, tant
la peine, le trouble et l'horreur la suivent partout.
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