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Page 64
Il resta sept jours bien compt�s aux fers, notre bon novice; mais �
l'expiration de sa peine, le ciel permit ou voulut que trois mois de
traitement fussent pay�s � la gamelle, et, quarante-huit heures apr�s le
traitement re�u, un habillement complet de drap bleu se dessinait sur la
taille alti�re et droite du chef de cuisine des aspirans de _la Topaze_.
Un mois de bombance s'�tait � peine �coul�, qu'il ne restait d�j� plus
un sou au chef de gamelle. La fr�gate _la Topaze_ partit heureusement
pour aller croiser dans l'Oc�an. Il �tait plus que temps; car, malgr� la
le�on qu'il avait re�ue, on ne sait pas ce qu'aurait pu faire encore le
novice Faraud, dans un nouveau moment de rafale.
Mais dans ce vaste Oc�an qu'allait sillonner _la Topaze_, on rencontrait
alors force b�timens anglais de toutes les esp�ces et de toutes les
dimensions, depuis le faible cutter, jusqu'au terrible vaisseau � trois
ponts de 140 bouches � feu. La fr�gate fit d'abord plusieurs captures
parmi les navires qui ne pouvaient lui r�sister. Mais, � force de
chercher, elle finit par rencontrer un b�timent en �tat de lui tenir
t�te.
Ce fut un beau matin � la pointe du jour qu'elle fit cette belle
rencontre. Le soleil allait s'�lever radieux sur les petites lames qui
clapotaient paisiblement � l'horizon, lorsque la vigie du grand m�t de
perroquet cria: _Navire_!
�O�? demanda l'officier de quart.
--Sous le vent � nous, pas bien loin.�
Tout le monde le vit bient�t ce navire, de dessus le pont: il paraissait
assez gros. La mer �tait superbe et la brise jolie: la journ�e, qui
avait commenc� par un beau soleil, devait se terminer par un combat, et
le combat par....
On chassa le b�timent aper�u en laissant arriver sur lui bonnettes
hautes et basses.
Le b�timent � vue, au lieu de prendre chasse, se mit tout bonnement en
panne pour attendre l'�v�nement.
En s'approchant l'un de l'autre, chacun des navires reconnut dans celui
qui lui �tait oppos� ni plus ni moins qu'une fr�gate.
_La Topaze_, ayant fait son branle-bas g�n�ral de combat, hissa son
large pavillon tricolore aux sons guerriers des tambours qui battaient
d�j� la charge dans sa batterie et sur ses gaillards.
L'autre fr�gate r�pondit � cette esp�ce de d�fi en hissant aussi son
pavillon. Mais ce pavillon �tait un long yatch anglais!
Apr�s s'�tre aussi bien entendu, il n'y avait plus moyen d'entrer en
pourparlers: il fallait en venir aux beaux et bons coups de canon. A
terre, deux adversaires, flanqu�s de leurs t�moins, peuvent bien
s'arranger sur le champ de bataille et aller d�je�ner � la suite des
explications. Mais en mer, les duels entre deux navires n'admettent pas
la ressource des protocoles: on se tape d'abord, et l'on s'arrange
apr�s, si l'on peut.
Par bonheur pour la fr�gate fran�aise, elle avait du 18 en batterie, et
350 hommes d'�quipage.
Par malheur pour la fr�gate anglaise, elle n'avait que des canons de 12,
et 200 et quelques hommes, tout compris.
Cette inf�riorit� de force et d'�quipage ne l'emp�cha pas d'accepter le
combat que _la Topaze_ lui pr�sentait avec obstination, et qu'il �tait
devenu d'ailleurs trop tard pour elle de refuser.
On entra en mati�re des deux c�t�s, en l�chant, � demi-port�e de canon,
des vol�es enti�res qu'enveloppa bient�t la fum�e qui s'�tendit sur le
champ de bataille des deux combattans. Tristes combats que ceux que se
livrent dans la plus affreuse solitude deux �quipages au sein de
l'immensit� des mers! L�, pas de spectateurs pour redoubler l'�mulation
des braves, pas d'ambulances pour recevoir les bless�s, pas un �cho qui
r�p�te, pour la patrie que l'on d�fend, le fracas de l'artillerie, les
cris de victoire, les derniers soupirs des mourans!... C'est partout du
p�ril sans illusion, de la gloire presque sans espoir et sans
couronne.... Oh! qu'il faut de courage pour se battre jusqu'au dernier
souffle sans �tre vu, et quelquefois sans perspective de se sauver!
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