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Page 48
--Ah! je suis bien malheureux! et ne pouvoir pas me venger sans
augmenter le scandale! et d�vorer ma honte, si je ne me venge pas!...
Monsieur l'aide-de-camp!
--Pla�t-il, mon g�n�ral?
--Allez dire � l'officier charg� des signaux, que je lui ordonne
d'annoncer � MM. les commandans de la division, que je mets tous les
officiers aux arr�ts forc�s jusqu'� nouvel ordre!...
--De suite, mon g�n�ral, j'y cours!
--Attendez donc un peu; que diable! aujourd'hui vous �tes bien prompt!
--Qu'y a-t-il encore pour votre service, mon g�n�ral?
--Il y a pour mon service que, quand vous aurez ex�cut� l'ordre que je
viens de vous donner, vous garderez les arr�ts forc�s vous-m�me, pour
vous apprendre un autre fois � mieux faire votre devoir.
--Oui... oui... mon... mon g�n�ral!... J'y vais!
PETIT COMBAT.
GRANDES �MOTIONS.
En se rendant par mer de Br�hat � l'Ile-de-Bas, on rencontre, � moiti�
route � peu pr�s, un petit archipel qui, par rapport au nombre de
rochers qui le composent, a re�u le nom des Sept-Iles. Un seul de ces
�lots est habit�: les autres servent d'asile aux oiseaux de proie qui,
lass�s de chercher leur nourriture sur les flots que l'on voit s'agiter
entre le continent et le petit archipel, vont le soir se reposer dans
les cavit�s de ces rochers battus presque sans cesse par les vagues, la
foudre et la temp�te.
Entre toutes ces �les, Tom�, la plus rapproch�e de la terre ferme, se
trouve pos�e � l'entr�e d'une anse assez belle que l'on nomme la rade de
Perros. A droite de Tom�, en faisant face au large, on aper�oit les
�cueils qui h�rissent l'embouchure de la rivi�re de Tr�guier. A gauche
s'�tend la c�te qui joint le bourg de Perros au village de la Clart�. Au
bas de cette c�te se dessine une batterie de quelques canons, destin�s �
gronder, � l'occasion, sur le petit d�troit d'une lieue de large qui
s�pare l'�le de Tom� du rivage des C�tes-du-Nord.
Pendant la guerre, rien n'�tait plus commun que de voir les croiseurs
anglais louvoyer entre les Sept-Iles et la terre de France. Les petits
convois de caboteurs avaient bien soin alors de s'assurer, avant de
donner dans la passe, qu'aucun navire ennemi ne viendrait troubler leur
timide navigation. Quand la plus grande des Sept-Iles avait annonc�, au
moyen du s�maphore qu'on avait �tabli sur son sommet, qu'il n'y avait
aucun b�timent anglais � vue, vite les commandans des convois faisaient
appareiller les navires plac�s sous leur escorte, et on s'effor�ait
alors de donner dans le _courreau_ avant que l'ennemi p�t contrarier la
marche de la petite flotte de lougres, de go�lettes et de sloops
marchands.
Les Anglais aimaient d'autant plus � s'approcher de cette partie de la
c�te de Bretagne, que l'�le de Tom�, par un privil�ge assez singulier,
leur offrait souvent l'occasion de faire des vivres frais. Ceci a
peut-�tre besoin d'une courte explication topographique.
Pas un arbre ne cro�t sur cette �le qui, avec une demi-lieue de long, ne
pr�sente � l'oeil qu'un lambeau de cha�ne de montagnes, recouvert d'un
peu de bruy�re. Pas une source, pas le plus petit ruisseau ne murmure ou
ne serpente sur cette terre inculte. Autrefois un cultivateur voulut y
�tablir une ferme et fatiguer son sol d�pouill�, pour en tirer quelque
chose; mais les ruines de la ferme attestent aujourd'hui l'inutilit� des
efforts du pauvre fermier. Une seule esp�ce d'animaux peut se contenter
de ce s�jour si peu fait pour les hommes. La tradition rapporte qu'un
chasseur y jeta une paire de lapins, et depuis ce temps les lapins ont
tellement pullul� � Tom�, qu'on ne peut y faire un pas sans rencontrer
un de ces insulaires herbivores. Aussi les matelots, dans leur langage
pittoresque, disent-ils que Tom� n'est autre chose qu'une colonie de
lapins.
Les Anglais manquaient rarement, pour peu qu'ils restassent quelque
temps � croiser dans ces parages, d'envoyer des embarcations � Tom� pour
y _faire du lapin_, comme disaient encore les matelots, ainsi qu'on dit
qu'un navire a envoy� ses embarcations � terre, pour y _faire de
l'eau_.
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