Contes et historiettes à l'usage des jeunes enfants by Zulma Carraud


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Page 50

--Qu'est-ce que tu dis donc l�, notre homme? est-ce que c'est possible?

--Sais-tu que le pauvre innocent aurait bien pu �tre �cras� par ces
grosses voitures qui vont plus vite que le vent?�

Ren� s'�veilla, et dit:

�M�re! j'ai faim.�

Sylvine rapportait de la foire un pain blanc pour son vieux p�re; elle
en cassa un morceau et le donna � l'enfant, qui s'�tant tout � fait
�veill�, demanda � voir sa m�re. Jacques lui raconta comment il l'avait
trouv� sur la route; le petit ne comprit rien � ce qu'on lui dit, et se
mit � pleurer bien fort, en disant:

�Qu'est-ce que maman va dire quand elle ne trouvera plus son petit Ren�
aupr�s d'elle?�

Il fallait pourtant prendre un parti; les braves gens, voyant qu'ils
ne pouvaient tirer aucun �claircissement de l'enfant, se r�solurent �
l'emmener svec eux dans le hameau qu'ils habitaient.

Ren�, tout en pleurant, s'endormit sur les genoux de Sylvine. Au bout
d'une heure de marche dans un chemin de traverse, l'�ne s'arr�ta devant
la porte de la cabane de Jacques.

Sylvine s'empressa d'allumer son feu pour faire chauffer un peu de lait
� l'enfant qu'elle avait d�pos� sur son lit; mais il ne se r�veilla pas
du reste de la nuit.

Le lendemain, Ren�, en ouvrant les yeux, demanda sa m�re; Sylvine lui
dit qu'il irait la voir dans la journ�e. Elle le leva, puis lui donna
une grande jatte de lait chaud; apr�s l'avoir bue, il eut un morceau de
pain blanc et une grappe de raisin bien dor�. La bonne femme conduisit
alors l'enfant dans la cour, o� il resta pendant qu'elle faisait son
m�nage. Le mari jeta du grain aux volailles, et le petit Ren� se
divertit beaucoup � les voir picoter leur nourriture; c'�taient surtout
les pigeons qui lui plaisaient! Mais de temps en temps il se mettait �
pleurer en disant: �O� est donc maman?� Et Sylvine le consolait en lui
r�p�tant: �Tu la reverras bient�t.�

Apr�s le d�jeuner o� l'enfant, pensant toujours � sa m�re, ne mangea pas
beaucoup, Sylvine, le prenant dans ses bras, s'en alla porter le reste
du pain blanc � son p�re, qui demeurait dans le village, chez son fils
a�n�. Le vieillard �tait assis � la porte, sur un banc ombrag� d'une
treille. Du plus loin qu'il vit venir sa fille, il lui dit:

�Sylvine, o� as-tu donc pris cet enfant?

--Sur la grande route, mon cher p�re.�

Et elle lui raconta l'aventure de la nuit pr�c�dente.

�Ma fille, ses parents doivent �tre dans une inqui�tude mortelle; il
faut le leur reconduire sans retard.

--Mais o� les trouver, mon p�re?

--O� demeures-tu, petit?

--Moi! je demeure � Metz.

--Ah! mon Dieu, s'�cria le vieillard; c'est tr�s-loin d'ici. Mais o�
allais-tu donc, mon enfant?

--J'allais chez grand-p�re.

--O� demeure-t-il donc, ton grand-p�re?

--Il demeure dans une belle maison au milieu d'un jardin, bien loin de
la ville.�

Ren� n'en sut pas dire davantage.

�Comment faire?� dit le vieillard, en appuyant son front chauve sur sa
main.

Alors Sylvine, toute bonne qu'elle �tait, eut une mauvaise pens�e.

�Mon p�re, dit-elle, je le garderai; le bon Dieu n'a-t-il pas eu piti�
de ma peine en le mettant sur mon chemin?

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Books | Photos | Paul Mutton | Fri 16th Jan 2026, 7:24