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Page 49
M. Desnues sauta hors de la voiture o� sa femme, glac�e d'�pouvante,
s'�tait �vanouie. Il se mit � courir de toutes ses forces sur la route
qu'il avait parcourue, en criant:
�Ren�! mon enfant, o� es-tu?�
Les autres voyageurs se joignirent � lui pour quelques instants, pendant
que l'on transportait sur un lit de l'auberge la pauvre m�re sans
connaissance. Puis le conducteur, ayant d�charg� les bagages de
l'officier, rappela les autres voyageurs, et la diligence se remit en
route.
Le malheureux p�re marcha bien longtemps sur le grand chemin, appelant
toujours Ren� � haute voix, et regardant de tous c�t�s attentivement.
Comme il faisait un beau clair de lune, il lui �tait facile de
distinguer tous les abords du chemin. Il rencontra plusieurs voituriers
qui suivaient la m�me route que la diligence, et il leur demanda s'ils
n'avaient pas aper�u un petit gar�on de trois ans, ou s'ils l'avaient
entendu crier. Tous r�pondirent n�gativement.
M. Desnues alla, toujours cherchant, jusqu'au relais pr�c�dent; il
�tait s�r que, quand on y avait pass�, il avait encore son fils sur ses
genoux. Il �veilla les gens de la poste aux chevaux, qui ne purent lui
donner aucun renseignement, et il revint au village o� sa femme �tait
rest�e; il �tait d�sol�, mais d�livr� pourtant de l'horrible crainte que
le pauvre petit n'e�t �t� �cras� par quelque voiture.
Mme Desnues, en proie � une fi�vre ardente, appelait son fils � grands
cris. Quand son mari rentra, elle s'�cria:
�C'est moi! c'est moi qui suis cause de la perte de mon enfant! Je ne
devais pas dormir! Est-ce que les m�res doivent jamais dormir?
--Ma pauvre femme, sois certaine qu'il n'est arriv� aucun mal � notre
fils.
--Eh bien! alors, o� est-il?�
M. Desnues d�tourna la t�te, et, apr�s un instant de silence, il dit:
�Mets ta confiance en Dieu, mon amie, il nous rendra notre enfant, n'en
doute pas!�
Mais la malheureuse m�re ne l'entendait pas. Elle avait le d�lire et
poussait des cris d�chirants. Son mari, ne pouvant la calmer, s'assit
tristement aupr�s de son lit.
Or, voici ce qui �tait arriv� au petit Ren�:
Il �tait tomb� de la voiture; mais alors il dormait si bien qu'il ne
s'�veilla pas en tombant. Il n'y avait pas cinq minutes qu'il �tait
�tendu au beau milieu de la route, lorsqu'un paysan la traversa, menant
par la bride un �ne que montait sa femme: ils revenaient d'une foire
lointaine o� ils �taient all�s vendre leur toile.
�Arr�te donc, Jacques! dit la paysanne; il me semble que je vois quelque
chose l�-bas, sur la route; �a me para�t �tre un paquet d'�toffe. Va le
ramasser, notre homme, et demain tu iras en ville dire que c'est
nous qui l'avons trouv�, pour que ceux qui l'ont perdu sachent o� le
prendre.�
Jacques se dirigea du c�t� que lui indiquait sa femme. En voyant un
enfant endormi, il le prit tout doucement dans ses bras, l'apporte � la
paysanne, et dit en le lui posant sur les genoux:
�Tiens! voil� le paquet; qu'en dis-tu, Sylvine?
--Seigneur J�sus! c'est un petit enfant beau comme le jour! Mon homme,
bien s�rement, c'est le bon Dieu qui l'a mis sur notre chemin; je l'ai
tant pri� de nous donner un enfant qu'il me l'envoie tout venu.
--Femme, cet enfant a une m�re, qui sans doute est bien d�sol�e �
l'heure qu'il est de l'avoir perdu; et ce serait bien mal de lui voler
son enfant.
--C'est vrai, Jacques; mais o� veux-tu que je trouve sa m�re, � pr�sent?
Tiens, vois donc comme il est joli! Je sens que je l'aime d�j� de tout
mon coeur!
--Dame! au fait, sa m�re l'a peut-�tre abandonn� expr�s sur la route!
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