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Page 51
--Ma fille, �loigne cette tentation-l�; car le garder serait un
v�ritable crime.
--Oh! mon p�re, si vous saviez comme je l'aime d�j�!�
Il fut convenu, malgr� elle, que Jacques irait dans la journ�e � cette
m�me ville o� M. Desnues avait inutilement demand� des nouvelles de son
enfant, et qu'il s'informerait des parents de Ren�. Les d�marches furent
sans r�sultat. Il rentra tout d�contenanc�, et Sylvine se r�jouit dans
son coeur de ce qu'on ne retrouvait pas les parents du petit.
Le soir et le lendemain, Ren� ne cessa de demander sa m�re, et pleura
souvent.
Sylvine voyait avec joie que personne ne venait le r�clamer.
Le troisi�me jour, Jacques ayant des l�gumes � vendre, son beau-p�re
l'engagea fortement � aller les porter au bourg o� se trouvait l'autre
relais, lui recommandant par-dessus tout de s'informer du p�re de
l'enfant. Le paysan chargea son �ne et partit.
L'auberge o� Mme Desnues �tait malade se trouvait �tre la premi�re
maison du bourg; ce fut l� que Jacques s'arr�ta tout naturellement pour
offrir ses l�gumes. L'h�tesse, avisant de beaux choux-fleurs dans les
paniers de l'�ne, en prit quelques-uns et dit:
�Cela sera peut-�tre agr�able � la pauvre dame qui ne veut rien prendre.
--Vous avez donc quelqu'un de malade ici? dit Jacques.
--Eh! mon Dieu oui, une pauvre m�re qui a perdu son enfant.
--Il est mort, son enfant?
--Non: elle l'a perdu tout endormi, sur la grande route.�
Jacques se fit raconter comment la chose �tait arriv�e.
Quand il se fut ainsi assur� qu'il avait trouv� le fils de la dame
malade, il comprit qu'il �tait de son devoir de le dire, nonobstant le
chagrin qu'aurait sa ch�re Sylvine.
Il alla aupr�s de M. Desnues et lui dit:
�Mon officier, ma femme et moi nous avons trouv� l'autre nuit, en
revenant de la foire, un petit enfant endormi sur la route. Il dit qu'il
s'appelle Ren� et qu'il est de Metz.�
En entendant ces mots, M. Desnues embrassa le paysan avec effusion, sans
pouvoir prononcer une parole, tant sa joie �tait grande. Une petite
servante, qui avait tout entendu, monta les escaliers quatre � quatre,
et, ouvrant avec fracas la porte de la chambre de la malade, elle cria:
�Le petit est retrouv�!�
Mme Desnues, oubliant son extr�me faiblesse, se leva vivement, descendit
en courant l'escalier, et, traversant la cuisine, elle vint tomber dans
les bras de son mari en s'�criant:
�O� est-il? o� est Ren�?�
Puis elle perdit connaissance.
Pendant qu'on la faisait revenir � elle, l'officier acheta tous les
l�gumes de Jacques, qui les porta dans la cuisine, tandis que M. Desnues
faisait atteler une mauvaise carriole qui se trouvait dans la cour. Il
dit � Jacques d'y monter avec lui et de le mener o� �tait son fils.
La pauvre m�re, entendant cela, voulut aller aussi retrouver son enfant,
quelque pri�re qu'on lui f�t pour qu'elle attend�t au lit le retour de
Ren�. Elle monta en voiture, et Jacques les eut bient�t conduits � sa
cabane.
Mme Desnues aper�ut la premi�re son enfant, assis dans la cour et
paraissant assez triste. Sylvine, � genoux pr�s de lui, lui faisait
manger une app�tissante soupe au lait. Le bruit de la voiture ayant
attir� l'attention de Ren�, il laissa la soupe et s'�lan�a en criant:
�Papa! maman! ah! vous voil� donc!�
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