Contes et historiettes à l'usage des jeunes enfants by Zulma Carraud


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Page 47

Le tambour battit et l'on d�lia Charles pour entrer en classe. Il n'y
avait pas un quart d'heure qu'il y �tait, quand il dit tout haut:

�Je m'ennuie! qu'on me reconduise chez mon p�re.

--Monsieur Charles, on ne parle pas en classe, dit le professeur.

--Et si je veux parler, moi, qui donc m'en emp�chera?

--Moi, monsieur!

--Je voudrais bien voir �a!�

Le professeur appela un domestique qui �tait dans le corridor, et lui
dit d'emmener Charles, qui fut mis dans un cabinet o� il cria tout � son
aise jusqu'au d�ner.

A table, il refusa de manger de la soupe, en disant qu'elle avait
mauvaise mine. On lui �ta son assiette.

�Qu'on m'en fasse d'autre tout de suite!

--On ne parle pas au r�fectoire,� dit le proviseur, qui assistait au
d�ner des �l�ves.

Quand on lui servit du bouilli, il dit qu'il n'en mangeait pas, et que
le bouillon n'�tait bon que pour les domestiques. Il en fut de m�me pour
les haricots.

�Que vais-je donc manger?

--Vous mangerez votre pain sec, puisque rien ne vous pla�t.

--Puisque c'est comme cela, je me laisserai mourir de faim.

--Vous �tes libre de le faire, mon enfant, si cela vous pla�t.�

En effet, Charles ne mangea pas de la journ�e, et, pendant la
r�cr�ation, il resta dans un coin de la cour, pleurant en silence, car
l'estomac lui faisait grand mal.

Le lendemain au matin, il but son lait sans demander du sucre, et il
mangea un peu de salade au d�ner, puis il se promena dans la cour.

Quand Charles vit bien qu'on ne lui c�derait jamais, il commen�a �
devenir un peu plus raisonnable; il se mit � travailler, lui qui n'avait
presque jamais rien fait. Le travail l'int�ressa beaucoup plus qu'il ne
l'avait cru; alors il parla moins souvent � l'�tude et en classe, et
fut plus rarement puni. Il finit par trouver le d�ner et le souper fort
bons, car, ne boudant plus, il s'amusait avec ses nouveaux camarades et
gagnait de l'app�tit en courant et sautant comme eux. Sa sant� �tait
languissante avant qu'il entr�t au coll�ge, parce que chez lui il
mangeait trop souvent � des heures irr�guli�res; mais la vie du coll�ge
la raffermit, et il devint rose et frais comme les autres �coliers.

Au bout de six mois, le proviseur �crivit � M. Nizerolles qu'il pouvait
venir voir son fils qui �tait devenu un charmant enfant et l'�colier le
plus attentif de sa classe.

Ce fut un grand bonheur pour Charles d'embrasser son p�re et d'avoir des
nouvelles de tout le monde, il en pleura de joie, et parla beaucoup de
sa belle-m�re et de sa petite soeur.

�Mon ami, dit le proviseur, si vous d�sirez les voir, je vous donnerai
un cong� de trois jours.

--Oh! merci, monsieur! je serai bien content d'aller un peu � la maison,
car il me semble qu'il y a plus d'un an que je l'ai quitt�e.�

M. Nizerolles emmena donc son fils, et sa femme fut tr�s-contente de le
revoir. Quand ils se furent bien embrass�s, Charles, suivi de sa bonne
� qui il faisait mille amiti�s, alla voir les autres domestiques qui le
re�urent assez froidement, car ils n'avaient pas oubli� la fa�on dont il
les traitait autrefois; mais quand ces gens le virent si bon gar�on, ils
t�moign�rent une grande joie de son retour.

Le lendemain, Charles prit sa bonne � part et il lui dit:

�Solange, maman n'aime donc pas ma petite soeur?

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Books | Photos | Paul Mutton | Fri 16th Jan 2026, 1:56