Contes et historiettes à l'usage des jeunes enfants by Zulma Carraud


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Page 35

SUZANNE.

Maman, il faudra emporter du sucre pour manger les bonnes fraises du
rocher.

H�L�NE.

Quoique la montagne soit bien belle, ne craignez pas, maman, que nous
allions maintenant la voir tout seuls! Nous avons bien senti que de
pauvres petits enfants sans leur m�re ne sont rien du tout! Nous sommes
si f�ch�s d'avoir �t� d�sob�issants et de vous avoir fait un si grand
chagrin, que nous ne recommencerons plus jamais.



L'ANGE GARDIEN.

Marthe Auclert �tait une petite fille de six ans, tr�s-pieuse et
tr�s-soumise. Elle �coutait avec attention tout ce que lui disait sa
bonne m�re, et ne connaissait d'autre plaisir que de la contenter en
toutes choses. Aussi sa maman l'aimait-elle beaucoup et lui donnait-elle
tout ce qui pouvait lui faire plaisir. Elle lui apprenait de belles
pri�res que l'enfant r�p�tait de tout son coeur. Il en �tait une, entre
autres, qu'elle ne manquait jamais de faire tous les soirs avant de
s'endormir, pour invoquer son ange gardien, afin qu'il �tend�t ses
blanches ailes sur son petit lit pour la prot�ger contre toute esp�ce de
malheurs.

Marthe �tait tr�s-propre et tr�s-rang�e. Dans un coin de l'antichambre
se trouvait la porte d'un cabinet o� Mme Auclert serrait les confitures,
les biscuits, la provision de sucre, de caf� et de chocolat, enfin toute
esp�ce de friandises. Elle avait c�d� la moiti� de ce cabinet � sa
petite fille pour mettre ses joujoux, et Marthe y passait une bonne
partie du temps o� elle ne travaillait pas. Alors elle rangeait le
trousseau de sa poup�e, mettait en ordre ses petits m�nages, et jouait
avec tous ses joujoux qu'elle soignait beaucoup. C'�tait l� aussi
qu'elle s'amusait avec ses amies quand elles venaient la voir.

Comme Marthe �tait une petite fille bien �lev�e, sa m�re, pleine de
confiance en elle, n'�tait jamais la clef de son armoire aux provisions;
et m�me, quand les domestiques avaient besoin de sucre, de chocolat
ou de quelque plat de dessert, c'�tait fort souvent Marthe qui �tait
charg�e de les leur donner. Il arrivait bien que ses petites amies
l'engageaient � prendre quelque chose dans cette armoire pour faire _la
d�nette_; mais Marthe ne permit jamais qu'on l'ouvr�t; elle en �tait
m�me la clef pour la porter � sa m�re, afin qu'elle donn�t elle-m�me ce
qu'elle jugerait convenable pour son go�ter et celui de ses amies.

Mme Auclert �tait si heureuse d'avoir une petite fille aussi sage,
qu'elle l'emmenait presque toujours avec elle partout o� elle allait,
bien s�re que Marthe ne serait ni gourmande, ni importune.

Un dimanche, Marthe passa une partie de la matin�e � �pousseter ses
joujoux et � les ranger. L'heure de la promenade approchant, elle mit
toute seule son chapeau et son mantelet; puis, prenant son ombrelle,
elle alla dans la chambre de sa bonne voir si elle �tait pr�te � sortir;
mais cette fille n'�tant pas encore habill�e, Marthe, qui n'avait pas
fini ses rangements, retourna dans le cabinet. Pendant ce temps-l�, une
amie de Mme Auclert vint lui demander si elle voulait venir faire une
visite � la campagne avec elle, ce qui fut accept� sur-le-champ; et
comme la voiture �tait � la porte, Mme Auclert s'empressa de descendre.
En passant par l'antichambre elle vit la porte du cabinet ouverte; et,
croyant sa fille � la promenade, elle ferma cette porte, �ta la clef,
qu'elle pla�a sur une �tag�re, et partit.

Quand la bonne eut termin� sa toilette, elle entra au salon, pensant
y trouver Marthe; mais ne l'y voyant pas, elle s'imagina que sa m�re
l'avait emmen�e comme il arrivait souvent, et elle alla se promener avec
ses camarades.

Marthe �tait si occup�e de mettre une belle robe de bal � sa grande
poup�e, qu'elle n'entendit pas fermer la porte du cabinet o� elle �tait;
et une heure se passa avant qu'elle songe�t � la promenade. Quand elle
eut assez jou�, elle voulut aller retrouver sa bonne, mais il lui fut
impossible d'ouvrir la porte; elle appela de toutes ses forces: personne
ne r�pondit. Alors elle se mit � pleurer. Puis vint l'heure de son
go�ter, et la faim se fit sentir; elle attendit encore un peu, et essaya
de s'amuser avec son beau m�nage de porcelaine dor�e; mais ses joujoux
ne l'int�ressaient plus. Sa faim augmentant, elle ouvrit l'armoire aux
provisions, et prit une bo�te de biscuits; puis, au moment de l'ouvrir,
elle se dit qu'elle n'avait pas la permission d'en prendre; alors elle
essaya de voir dehors s'il ne passait pas quelqu'un de sa connaissance;
mais l'oeil-de-boeuf qui �clairait le cabinet �tait plac� si haut,
qu'elle ne put y atteindre, quoiqu'elle e�t mis sa petite chaise sur la
table o� �taient ses joujoux.

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Books | Photos | Paul Mutton | Thu 3rd Apr 2025, 4:32