Leone Leoni by George Sand


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Page 54

--Je le d�poserai sur la rive du Lido, et le laisserai passer l� une
nuit un peu longue et un peu froide.

--Je vous embrasserais volontiers pour vous remercier, dit la
courtisane; mais j'ai un amant que je veux aimer toute la semaine.
Adieu.

--Il faut, lui dis-je, que vous mettiez votre gondolier � mes ordres.

--Sans doute, dit-elle; il est intelligent, discret, robuste: faites-en
ce que vous voudrez.



XXIV.

Je rentrai chez moi; je passai le reste du jour � r�fl�chir m�rement
� ce que j'allais faire. Le soir vint; Cristofano et la gondole
m'attendaient sous la fen�tre. Je pris un costume de gondolier; le
bateau de Leoni parut tout illumin� de verres de couleur qui brillaient
comme des pierreries depuis le fa�te des m�ts jusqu'au bout des moindres
cordages, et lan�ant des fus�es de toutes parts dans les intervalles
d'une musique �clatante. Je montai � l'arri�re de la gondole, une rame �
la main; je l'atteignis. Leoni �tait sur le bord, dans le m�me costume
que la veille; Juliette �tait assise au milieu des musiciens; elle avait
aussi un costume magnifique; mais elle �tait abattue et pensive, et
semblait ne pas s'occuper de lui. Cristofano �ta son chapeau et leva sa
lanterne � la hauteur de son visage. Leoni le reconnut et sauta dans la
gondole.

Aussit�t qu'il y fut entr�, Cristofano lui dit que la Misana l'attendait
dans une autre gondole, aupr�s du jardin public.--Eh! pourquoi
n'est-elle pas ici? demanda-t-il.--_Non so_, r�pondit le gondolier
d'un air d'indiff�rence; et il se remit � ramer. Je le secondais
vigoureusement, et en peu d'instants nous e�mes d�pass� le jardin
public. Il y avait autour de nous une brume �paisse. Leoni se pencha
plusieurs fois et demanda si nous n'�tions pas bient�t arriv�s. Nous
glissions toujours rapidement sur la lagune tranquille; la lune, p�le et
baign�e dans la vapeur, blanchissait l'atmosph�re sans l'�clairer. Nous
pass�mes en contrebandiers la limite maritime qui ne se franchit
point ordinairement sans une permission de la police, et nous ne nous
arr�t�mes que sur la rive sablonneuse du Lido, assez loin pour ne pas
risquer de rencontrer un �tre vivant.

--Coquins! s'�cria notre prisonnier, o� diable m'avez-vous conduit? o�
sont les escaliers du jardin public? o� est la gondole de la Misana?
Ventredieu! nous sommes dans le sable! Vous vous �tes perdus dans la
brume, butors que vous �tes, et vous me d�barquez au hasard...

--Non, Monsieur, lui dis-je en italien; ayez la bont� de faire dix pas
avec moi, et vous trouverez la personne que vous cherchez. Il me suivit,
et aussit�t Cristofano, conform�ment � mes ordres, s'�loigna avec la
gondole, et alla m'attendre dans la lagune sur l'autre rive de l'�le.

--T'arr�teras-tu, brigand! me cria Leoni quand nous e�mes march� sur la
gr�ve pendant quelques minutes. Veux-tu me faire geler ici? o� est ta
ma�tresse? o� me m�nes-tu?

--Seigneur, lui r�pondis-je en me retournant et en tirant de dessous ma
cape les objets que j'avais apport�s, permettez-moi d'�clairer votre
chemin. Alors je tirai ma lanterne sourde, je l'ouvris et je l'accrochai
� un des pieux du rivage.

--Que diable fais-tu l�? me dit-il, ai-je affaire � des fous? De quoi
s'agit-il?

--Il s'agit, lui dis-je en tirant deux �p�es de dessous mon manteau, de
vous battre avec moi.

--Avec toi, canaille! je te vais rosser comme tu le m�rites.

--Un instant, lui dis-je en le prenant au collet avec une vigueur dont
il fut un peu �tourdi, je ne suis pas ce que vous croyez. Je suis noble
tout aussi bien que vous; de plus, je suis un honn�te homme et vous �tes
un sc�l�rat. Je vous fais donc beaucoup d'honneur en me battant
avec vous. Il me sembla que mon adversaire tremblait et cherchait �
s'�chapper. Je le serrai davantage.

--Que me voulez-vous? Par le nom du diable! s'�cria-t-il, qui �tes-vous?
Je ne vous connais pas. Pourquoi m'amenez-vous ici? Votre intention
est-elle de m'assassiner? Je n'ai aucun argent sur moi. �tes-vous un
voleur?

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Books | Photos | Paul Mutton | Fri 16th Jan 2026, 14:59