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Page 61
Pour le penseur, l'�v�nement le plus tragique, dans toute la
R�volution fran�aise, n'est point que Marie-Antoinette ait �t�
mise � mort comme Reine, mais que les paysans affam�s de la Vend�e
aient couru volontairement se faire tuer pour la cause affreuse de
la f�odalit�.
Il est donc clair qu'un socialisme autoritaire ne fera pas
l'affaire. En effet, dans le syst�me actuel, un tr�s grand nombre
de gens peuvent mener une existence qui comporte une certaine
somme de libert�, d'expression, de bonheur. Dans une soci�t�
compos�e de casernes industrielles, sous un r�gime de tyrannie
�conomique, personne ne serait en �tat de jouir de cette libert�.
Il est f�cheux qu'une partie de notre population soit dans un �tat
�quivalent � l'esclavage, mais il serait pu�ril de pr�tendre
r�soudre le probl�me par l'asservissement de toute la population.
Il faut que chacun ait la libert� de choisir son travail. On ne
doit exercer sur personne aucune contrainte, quelle qu'en soit la
forme.
S'il s'en produit, son travail ne sera pas bon pour lui, ne sera
pas bon en soi, ne sera pas bon pour les autres. Et par travail,
j'entends simplement toute sorte d'activit�.
J'ai peine � croire qu'il se trouve aujourd'hui un seul socialiste
pour proposer que chaque matin un inspecteur aille dans chaque
maison s'assurer que le citoyen qui l'occupe est lev�, et fait ses
huit heures de travail manuel.
L'humanit� a d�pass� cette phase et r�serve ce genre de vie � ceux
que, pour des raisons fort arbitraires, elle juge � propos
d'appeler les criminels.
Mais j'avoue que bien des plans de socialisme, qui me sont tomb�s
sous les yeux, me paraissent vici�s d'id�es autoritaires, sinon de
contrainte effectu�e. Naturellement il ne saurait �tre question
d'autorit� ni de contrainte. Toute association doit �tre
enti�rement volontaire. _C'est seulement par l'association
volontaire que l'homme se d�veloppe dans toute sa beaut�_.
On se demandera peut-�tre comment l'individualisme, plus ou moins
subordonn� de nos jours � l'existence de la propri�t� priv�e,
trouvera son profit � l'abolition de toute propri�t� priv�e.
La r�ponse est tr�s simple.
Il est vrai que dans les conditions actuelles, un petit nombre
d'hommes, qui poss�daient en propre, des moyens d'existence, comme
Byron, Shelley, Browning, Victor Hugo, Baudelaire, et d'autres ont
�t� en mesure de r�aliser plus ou moins compl�tement leur
personnalit�. Pas un de ces hommes n'a travaill� un seul jour pour
un salaire. Ils �taient � l'abri de la pauvret�. Ils avaient un
immense avantage.
Il s'agit de savoir si l'individualisme gagnerait � la suppression
d'un tel avantage.
Qu'advient-il alors de l'individualisme?
Quel b�n�fice en retirera-t-il?
Il en profitera de la fa�on suivante:
Dans le nouvel �tat de choses, l'individualisme sera bien plus
libre, bien plus affin�, bien plus intensifi� qu'il ne l'est
actuellement.
Je ne parle point de l'individualisme grandiose que ces po�tes
r�alisent dans leur imagination, mais du grand individualisme qui
existe � l'�tat latent, potentiel dans l'humanit� en g�n�ral. Car
l'acceptation de la propri�t� a fait un tort v�ritable �
l'individualisme, et l'a rendu n�buleux par suite de la confusion
entre l'homme et ce qu'il poss�de.
Elle a fait d�vier enti�rement l'individualisme. Elle lui a donn�
pour but le gain et non la croissance. Par suite, on a cru que le
point important �tait d'avoir, et l'on a ignor� que le point
important, c'�tait d'�tre.
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