Le portrait de monsieur W.H. by Oscar Wilde


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Page 46

Elle se leva et me regardant bien en face dit:

- Lord Murchison, il n'y a rien � vous dire.

- Vous �tes venue ici pour voir quelqu'un, m'�criai-je. C'est l�
votre secret.

Elle p�lit affreusement et dit:

- Je n'ai donn� de rendez-vous � personne.

- Ne pouvez-vous pas dire la v�rit�? m'�criai-je.

- Mais je l'ai dite, r�pliqua-t-elle.

J'�tais �perdu, affol�. Je ne sais ce que je lui ai dit, mais je
lui ai dit des choses terribles.

Finalement je m'�lan�ai hors de la maison.

Elle m'�crivit le lendemain, mais je lui renvoyai sa lettre sans
l'avoir ouverte. Je partis pour la Norv�ge avec Alan Colville.

Je revins au bout d'un mois, et la premi�re chose, que je vis dans
le _Morning Post_, ce fut la mort de lady Alroy.

Elle avait pris un refroidissement � l'Op�ra, et elle avait
succomb� en cinq jours � une congestion pulmonaire.

Je m'enfermai et ne voulus voir personne, je l'avais tant aim�e et
je l'aimais si follement. Grands dieux, comme j'ai aim� cette
femme!

- Vous �tes all� dans cette rue, dans cette maison? demandai-je.

- Oui, r�pondit-il, un jour je me rendis dans Cummor-Street. Je ne
pus m'en emp�cher. J'�tais tortur� par le doute.

Je frappai � la porte, et une femme d'air tr�s convenable vint
m'ouvrir la porte.

Je lui demandai si elle avait un appartement � louer.

- Ah! monsieur, r�pondit-elle, je crois que l'appartement est �
louer, mais je n'ai pas vu la dame depuis trois mois, et comme le
loyer continue � courir, il m'est impossible de vous le louer.

- Est ce de cette dame qu'il s'agit? lui demandai-je en lui
montrant la photographie.

- Oui, c'est elle, bien s�r, s'�cria-t-elle, mais quand sera-t-
elle de retour?

- La dame est morte, r�pondis-je.

- J'esp�re bien que non, dit la femme. Elle �tait ma meilleure
locataire. Elle me payait trois guin�es par semaine, rien que pour
venir dans mon salon de temps en temps.

- Elle recevait quelqu'un ici? dis-je. Mais la femme m'assura que
non, qu'elle venait toujours seule, et ne voyait personne.

- Que diable alors venait-elle faire ici! m'�criai-je.

- Elle restait tout simplement au salon, monsieur. Elle lisait des
livres, et quelques fois elle prenait le th�, r�pondit la femme.

Je ne savais pas que dire. Je lui donnai donc un souverain et je
m'en allai.

- Maintenant dites-moi qu'est-ce que tout cela signifiait? Vous ne
croyez pas que la femme disait la v�rit�.

- Je le crois.

- Alors pourquoi lady Alroy allait-elle dans cette maison?

- Mon cher G�rald, r�pondis-je, lady Alroy �tait tout simplement
une femme atteinte de la manie du myst�re. Elle louait cet
appartement pour le plaisir de s'y rendre avec son voile baiss� et
de s'imaginer qu'elle �tait une h�ro�ne. Elle avait une folle
passion pour le secret, mais elle �tait, elle-m�me, tout
simplement, un sphinx sans secret.

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Books | Photos | Paul Mutton | Fri 16th Jan 2026, 2:35