Le nain noir by Sir Walter Scott


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Page 54

--Bon Dieu! est-il possible? Oh! mon p�re, s'�cria
douloureusement Isabelle, pourquoi ai-je �t� d�livr�e? pourquoi ne
m'avoir pas fait conna�tre vos projets?

--Pourquoi? R�fl�chissez un instant, ma, fille. J'avais d�sir�
votre union avec sir Fr�d�ric, parce que je croyais qu'elle devait
assurer votre bonheur. J'avais approuv� sa recherche, je lui avais
promis de l'appuyer de tout mon pouvoir; devais-je lui nuire dans
votre esprit, en vous disant que sa passion, port�e au-del� des
bornes de la raison, ne me laissait d'autre alternative que de
sacrifier le p�re ou la fille? Mais mon parti est pris. Mareschal
et moi nous sommes d�cid�s � p�rir avec courage, et il ne me reste
qu'� vous faire partir sous bonne escorte.

--Juste ciel! et n'y a-t-il donc aucun rem�de � ces moyens
extr�mes?

--Aucun, mon enfant, reprit M. Vere avec douleur; un seul, peut-�tre;
mais vous ne voudriez pas me le voir employer, celui de d�noncer
nos amis, d'�tre le premier � les trahir.

--Non, jamais! s'�cria Isabelle avec horreur: mais ne peut-on, �
force de larmes, de pri�res... Je veux me jeter aux pieds de sir
Fr�d�ric, implorer sa piti�.

--Ce serait vous d�grader inutilement. Il a pris sa r�solution;
il n'en changerait qu'� une condition, et cette condition vous ne
l'apprendrez jamais de la bouche de votre p�re.

--Quelle est-elle; mon p�re? dites-le moi, je vous en conjure.
Que peut-il demander que nous ne devions lui accorder pour
pr�venir les malheurs dont nous sommes menac�s?

--Vous ne la conna�trez, Isabelle, dit Ellieslaw d'un ton
solennel, que lorsque la t�te de votre p�re sera tomb�e sur un
�chafaud. Alors peut-�tre vous apprendrez par quel sacrifice il
�tait encore possible de le sauver.

--Et pourquoi ne pas m'en instruire de suite? Croyez-vous que je
ne ferais pas avec joie le sacrifice de toute ma fortune pour vous
sauver? Voulez-vous d�vouer au d�sespoir et aux remords le reste
de ma vie, quand j'apprendrai qu'il existait un moyen d'assurer
vos jours, et que je ne l'ai pas employ�?

--H� bien! ma fille, dit Ellieslaw, comme vaincu par ses
instances, apprenez donc ce que j'avais r�solu de couvrir d'un
silence �ternel. Sachez que le seul moyen de le d�sarmer est de
consentir � l'�pouser ce soir m�me, avant minuit.

--Ce soir, mon p�re!... �pouser un tel homme!... un homme! c'est
un monstre! vouloir obtenir la main d'une fille en mena�ant les
jours de son p�re!.... c'est impossible!

--Vous avez raison, mon enfant, c'est impossible: je n'ai ni le
droit ni le d�sir de vous demander un tel sacrifice. Il est
d'ailleurs dans le cours de la nature qu'un vieillard meure et
soit oubli�, que ses enfants lui survivent et soient heureux.

--Moi, je verrais mourir mon p�re, quand j'aurais pu le
sauver!.... Mais, non, non, mon p�re, c'est une chose impossible.
Quelque mauvaise opinion que j'aie de sir Fr�d�ric, je ne puis le
croire si sc�l�rat. Vous croyez me rendre heureuse en me donnant �
lui, et tout ce que vous venez de me dire n'est qu'une ruse pour
obtenir mon consentement.

--Quoi! dit Ellieslaw d'un ton o� l'autorit� bless�e semblait le
disputer � la tendresse d'un p�re, ma fille me soup�onne
d'inventer une fable pour influencer ses sentiments!... Mais je
dois encore supporter cette nouvelle �preuve. Je veux bien m�me
descendre jusqu'� me justifier... Vous connaissez l'honneur
inflexible de notre cousin Mareschal; faites attention � ce que je
vais lui �crire, et vous jugerez par sa r�ponse si les p�rils qui
nous menacent sont moins grands que je ne vous les ai repr�sent�s,
et si j'ai � me reprocher d'avoir rien n�glig� pour les d�tourner.

Il s'assit, �crivit quelques lignes � la h�te, et remit son billet
� Isabelle, qui lut ce qui suit:

MON CHER COUSIN,

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Books | Photos | Paul Mutton | Sat 17th Jan 2026, 5:13