Le nain noir by Sir Walter Scott


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Page 53

--A quel dilemme plus embarrassant fut jamais r�duit un
malheureux? se dit-il.--Si nous nous divisions, je ne puis mettre
en doute que le gouvernement ne me sacrifie comme le premier
moteur de l'insurrection. Supposons m�me que je parvienne � sauver
ma t�te par une prompte soumission, je n'en suis pas moins perdu
sans ressource. J'ai rompu avec Ratcliffe, et je n'ai � esp�rer de
ce c�t� que des insultes et des pers�cutions. Il faudra donc que
je vive dans l'indigence et dans le d�shonneur, m�pris� des deux
partis que j'aurai trahis tour-�-tour! Cette id�e n'est pas
supportable; et cependant je n'ai � choisir qu'entre cette
destin�e et la honte de l'�chafaud, � moins que Mareschal et sir
Fr�d�ric ne continuent � faire cause commune avec moi. Pour cela
il faut que ma fille �pouse l'un ce soir, et j'ai promis � l'autre
de ne pas employer la violence. Il faut donc que je la d�cide �
recevoir la main d'un homme qu'elle n'aime pas, dans un d�lai
qu'elle trouverait trop court pour se d�terminer � devenir
l'�pouse de celui qui aurait sa gagner son affection. Mais je dois
compter sur sa g�n�rosit� romanesque, et je n'ai besoin que de la
mettre en jeu, en peignant de sombres couleurs les suites
probables de sa d�sob�issance.

Apr�s avoir fait ces r�flexions, il entra dans l'appartement de sa
fille, bien pr�par� au r�le qu'il allait jouer. Quoique �go�ste et
ambitieux, son coeur n'�tait pas enti�rement ferm� � la tendresse
paternelle, et il sentit quelques remords de la duplicit� avec
laquelle il allait abuser de l'amour filial d'Isabelle; mais il
les apaisa en songeant qu'apr�s tout il procurait � sa fille un
mariage avantageux; et l'id�e qu'il �tait perdu s'il n'y pouvait
r�ussir acheva de dissiper ses scrupules.

Il trouva sa fille assise pr�s d'une des fen�tres de sa chambre,
la t�te appuy�e sur une main; elle sommeillait ou �tait plong�e
dans de si profondes r�flexions, qu'elle ne l'entendit pas entrer.
Il donna � sa physionomie, une expression de chagrin et
d'attendrissement, s'assit aupr�s d'elle, et ne l'avertit de son
arriv�e que par un profond soupir qu'il poussa en lui serrant la
main.

--Mon p�re! s'�cria Isabelle en tressaillant, d'un ton qui
annon�ait en m�me temps la surprise, la crainte et la tendresse.

--Oui, ma fille, votre malheureux p�re, qui vient les larmes aux
yeux vous demander pardon d'une injure dont son affection l'a
rendu coupable envers vous, et vous faire ses adieux pour
toujours.

--Une injure, mon p�re! Vos adieux! Que voulez-vous dire?

--Dites-moi d'abord, Isabelle, si vous n'avez pas quelque soup�on
que l'�trange �v�nement qui vous est arriv� hier matin n'ait eu
lieu que par mes ordres?

--Par... vos ordres... mon p�re dit Isabelle en b�gayant, car la
honte et la crainte l'emp�chaient d'avouer que cette id�e s'�tait,
pr�sent�e plus d'une fois � son esprit; id�e humiliante et si peu
naturelle de la part d'une fille.

--Vous h�sitez � me r�pondre; et vous me confirmez par l� dans
l'opinion que j'avais con�ue. Il me reste donc la t�che p�nible de
vous avouer que vous ne vous trompez pas. Mais avant de condamner
trop rigoureusement votre p�re, �coutez les motifs de sa conduite.
Dans un jour de malheur, je pr�tai l'oreille aux propositions que
me fit sir Fr�d�ric Langley, �tant bien loin de croire que vous
puissiez avoir la moindre objection contre un mariage qui vous
�tait avantageux a tous �gards: dans un instant plus fatal encore,
je pris, de concert avec lui, des mesures pour r�tablir notre
monarque banni sur son tr�ne, et rendre � l'�cosse son
ind�pendance; et maintenant ma vie est entre ses mains.

--Votre vie, mon p�re! dit Isabelle ayant � peine la force de
parler.

--Oui, Isabelle, la vie de, celui � qui vous devez la v�tre. Je
dois rendre justice � Langley: ses menaces, ses fureurs n'ont
d'autre cause que la passion qu'il a con�ue pour vous; mais
lorsque je vis que vous ne partagiez pas ses sentiments, je ne
trouvai d'autre moyen pour me tirer d'embarras, que de vous
soustraire � ses yeux pour quelque temps. J'avais donc form� le
projet de vous envoyer passer quelques mois dans le couvent de
votre tante � Paris; et, pour que sir Fr�d�ric ne p�t me
soup�onner, j'avais imagin� ce pr�tendu enl�vement par de
soi-disant brigands. Le hasard, et un concours de circonstances
malheureuses, ont rompu toutes mes mesures eu vous tirant de
l'asile momentan� que je vous avais assur�. Ma derni�re ressource
est de vous faire partir du ch�teau avec M. Ratcliffe, qui va le
quitter ce soir m�me; apr�s quoi je saurai subir ma destin�e.

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Books | Photos | Paul Mutton | Sat 17th Jan 2026, 3:12