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Page 41
�Ah! c�est Votre Seigneurie! me dit-il avec vivacit�. Comment te
portes-tu? pourquoi Dieu t�am�ne-t-il ici?�
Je r�pondis que je m��tais mis en voyage pour mes propres
affaires, et que ses gens m�avaient arr�t�.
�Et pour quelles affaires?� demanda-t-il.
Je ne savais que r�pondre. Pougatcheff, s�imaginant que je ne
voulais pas m�expliquer devant t�moins, fit signe � ses camarades
de sortir. Tous ob�irent, � l�exception de deux qui ne boug�rent
pas de leur place.
�Parle hardiment devant eux, dit Pougatcheff, ne leur cache rien.�
Je jetai un regard de travers sur ces deux confidents de
l�usurpateur. L�un d�eux, petit vieillard ch�tif et courb�, avec
une maigre barbe grise, n�avait rien de remarquable qu�un large
ruban bleu pass� en sautoir sur son cafetan de gros drap gris.
Mais je n�oublierai jamais son compagnon. Il �tait de haute
taille, de puissante carrure, et semblait avoir quarante-cinq ans.
Une �paisse barbe rousse, des yeux gris et per�ants, un nez sans
narines et des marques de fer rouge sur le front et sur les joues
donnaient � son large visage coutur� de petite v�role une �trange
et ind�finissable expression. Il avait une chemise rouge, une robe
kirghise et de larges pantalons cosaques. Le premier, comme je le
sus plus tard, �tait le caporal d�serteur B�loborodoff. L�autre,
Athanase Sokoloff, surnomm� Khlopoucha[56], �tait un criminel
condamn� aux mines de Sib�rie, d�o� il s��tait �vad� trois fois.
Malgr� les sentiments qui m�agitaient alors sans partage, cette
soci�t� o� j��tais jet� d�une mani�re si inattendue fit sur moi
une profonde impression. Mais Pougatcheff me rappela bien vite �
moi-m�me par ses questions.
�Parle; pour quelles affaires as-tu quitt� Orenbourg?�
Une id�e singuli�re me vint � l�esprit. Il me sembla que la
Providence, en m�amenant une seconde fois devant Pougatcheff, me
donnait par l� l�occasion d�ex�cuter mon projet Je me d�cidai � la
saisir, et sans r�fl�chir longtemps au parti que je prenais, je
r�pondis � Pougatcheff:
�J�allais � la forteresse de B�logorsk pour y d�livrer une
orpheline qu�on opprime.�
Les yeux de Pougatcheff s�allum�rent.
�Qui de mes gens oserait offenser une orpheline? s��cria-t-il.
E�t-il un front de sept pieds, il n��chapperait point � ma
sentence. Parle, quel est le coupable?
-- Chvabrine, r�pondis-je; il tient en esclavage la m�me jeune
fille que tu as vue chez la femme du pr�tre, et il veut la
contraindre � devenir sa femme.
-- Je vais lui donner une le�on, � Chvabrine, s��cria Pougatcheff
d�un air farouche. Il apprendra ce que c�est que de faire chez moi
� sa t�te et d�opprimer mon peuple. Je le ferai pendre.
-- Ordonne-moi de dire un mot, interrompit Khlopoucha d�une voix
enrou�e. Tu t�es trop h�t� de donner � Chvabrine le commandement
de la forteresse, et maintenant tu te h�tes trop de le pendre. Tu
as d�j� offens� les Cosaques en leur imposant un gentilhomme pour
chef; ne va donc pas offenser � pr�sent les gentilshommes en les
suppliciant � la premi�re accusation.
-- Il n�y a ni � les combler de gr�ces ni � les prendre en piti�,
dit � son tour le petit vieillard au ruban bleu; il n�y a pas de
mal de faire pendre Chvabrine; mais il n�y aurait pas de mal de
bien questionner M. l�officier. Pourquoi a-t-il daign� nous rendre
visite? S�il ne te reconna�t pas pour tsar, il n�a pas � te
demander justice; et s�il te reconna�t, pourquoi est-il rest�
jusqu�� pr�sent � Orenbourg au milieu de tes ennemis?
N�ordonnerais-tu pas de le faire conduire au greffe, et d�y
allumer un peu de feu[57]? Il me semble que Sa Gr�ce nous est
envoy�e par les g�n�raux d�Orenbourg.�
La logique du vieux sc�l�rat me sembla plausible � moi-m�me. Un
frisson involontaire me parcourut tout le corps quand je me
rappelai en quelles mains je me trouvais. Pougatcheff aper�ut mon
trouble.
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