La fille du capitaine by Alexandre Pouchkine


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Page 34

�Et encore un petit _touloup_ en peau de li�vre, dont on a fait
abandon � Ta Gr�ce dans le g�te de la steppe: quinze roubles.

-- Qu�est-ce que cela?� s��cria Pougatcheff dont les yeux
�tincel�rent tout � coup.

J�avoue que j�eus peur pour mon pauvre menin. Il allait
s�embarquer dans de nouvelles explications, lorsque Pougatcheff
l�interrompit.

�Comment as-tu bien os� m�importuner de pareilles sottises?
s��cria-t-il en arrachant le papier des mains du secr�taire, et en
le jetant au nez de Sav�liitch. Sot vieillard! On vous a
d�pouill�s, grand malheur! Mais tu dois, vieux hibou,
�ternellement prier Dieu pour moi et mes gar�ons, de ce que toi et
ton ma�tre vous ne pendez pas l�-haut avec les autres rebelles...
Un _touloup_ en peau de li�vre! je te donnerai un _touloup_ en
peau de li�vre! Mais sais-tu bien que je te ferai �corcher vif
pour qu�on fasse des _touloups_ de ta peau.

-- Comme il te plaira, r�pondit Sav�liitch; mais je ne suis pas un
homme libre, et je dois r�pondre du bien de mon seigneur.�

Pougatcheff �tait apparemment dans un acc�s de grandeur d��me. Il
d�tourna la t�te, et partit sans dire un mot. Chvabrine et les
chefs le suivirent. Toute la troupe sortit en bon ordre de la
forteresse. Le peuple lui fit cort�ge. Je restai seul sur la place
avec Sav�liitch. Mon menin tenait dans la main son m�moire, et le
consid�rait avec un air de profond regret. En voyant ma cordiale
entente avec Pougatcheff, il avait cru pouvoir en tirer parti.
Mais sa sage intention ne lui r�ussit pas. J�allais le gronder
vertement pour ce z�le d�plac�, et je ne pus m�emp�cher de rire.

�Ris, seigneur, ris, me dit Sav�liitch; mais quand il te faudra
remonter ton m�nage � neuf, nous verrons si tu auras envie de
rire.�

Je courus � la maison du pope pour y voir Marie Ivanovna. La femme
du pope vint � ma rencontre pour m�apprendre une douloureuse
nouvelle. Pendant la nuit, la fi�vre chaude s��tait d�clar�e chez
la pauvre fille. Elle avait le d�lire. Akoulina Pamphilovna
m�introduisit dans sa chambre. J�approchai doucement du lit. Je
fus frapp� de l�effrayant changement de son visage. La malade ne
me reconnut point. Immobile devant elle, je fus longtemps sans
entendre le p�re Garasim et sa bonne femme, qui, selon toute
apparence, s�effor�aient de me consoler. De lugubres id�es
m�agitaient. La position d�une triste orpheline, laiss�e seule et
sans d�fense au pouvoir des sc�l�rats, m�effrayait autant que me
d�solait ma propre impuissance; mais Chvabrine, Chvabrine surtout
m��pouvantait. Rest� chef, investi des pouvoirs de l�usurpateur,
dans la forteresse o� se trouvait la malheureuse fille objet de sa
haine, il �tait capable de tous les exc�s. Que devais-je faire?
comment la secourir, comment la d�livrer? Un seul moyen restait et
je l�embrassai. C��tait de partir en toute h�te pour Orenbourg,
afin de presser la d�livrance de B�logorsk, et d�y coop�rer, si
c��tait possible. Je pris cong� du pope et d�Akoulina Pamphilovna,
en leur recommandant avec les plus chaudes instances celle que je
consid�rais d�j� comme ma femme. Je saisis la main de la pauvre
jeune fille, et la couvris de baisers et de larmes.

�Adieu, me dit la femme du pope en me reconduisant, adieu, Pi�tr
Andr�itch; peut-�tre nous reverrons-nous dans un temps meilleur.
Ne nous oubliez pas et �crivez-nous souvent. Vous except�, la
pauvre Marie Ivanovna n�a plus ni soutien ni consolateur.�

Sorti sur la place, je m�arr�tai un instant devant le gibet, que
je saluai respectueusement, et je pris la route d�Orenbourg, en
compagnie de Sav�liitch, qui ne m�abandonnait pas.

J�allais ainsi, plong� dans mes r�flexions, lorsque j�entendis
tout d�un coup derri�re moi un galop de chevaux. Je tournai la
t�te et vis un Cosaque qui accourait de la forteresse, tenant en
main un cheval de Bachkir, et me faisant de loin des signes pour
que je l�attendisse. Je m�arr�tai, et reconnus bient�t notre
_ouriadnik_. Apr�s nous avoir rejoints au galop, il descendit de
son cheval, et me remettant la bride de l�autre: �Votre
Seigneurie, me dit-il, notre p�re vous fait don d�un cheval et
d�une pelisse de son �paule.�

� la selle �tait attach� un simple _touloup_ de peau de mouton.

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Books | Photos | Paul Mutton | Thu 15th Jan 2026, 4:54