|
Main
- books.jibble.org
My Books
- IRC Hacks
Misc. Articles
- Meaning of Jibble
- M4 Su Doku
- Computer Scrapbooking
- Setting up Java
- Bootable Java
- Cookies in Java
- Dynamic Graphs
- Social Shakespeare
External Links
- Paul Mutton
- Jibble Photo Gallery
- Jibble Forums
- Google Landmarks
- Jibble Shop
- Free Books
- Intershot Ltd
|
books.jibble.org
Previous Page
| Next Page
Page 61
— Qui suffirait à vous illustrer, Nicholl!
— Sans doute, Barbicane, répondit modestement le capitaine Nicholl. Mais
savez-vous combien il aurait fallu creuser de galeries dans les flancs du
Kilimandjaro pour obtenir le même résultat, si nous n’avions eu que du fulmi-
coton, pareil à celui qui a lancé notre projectile vers la Lune?
— Dites, Nicholl.
— Cent quatre-vingts galeries, Barbicane!
— Eh bien! nous les aurions creusées, capitaine!
— Et cent quatre-vingts projectiles de cent quatre-vingt mille tonnes!
— Nous les aurions fondus, Nicholl! »
Allez donc faire entendre raison à des hommes de cette trempe! Mais, quand des
artilleurs ont fait le tour de la Lune, de quoi ne seraient-ils pas capables?
--------------------------------------------------------------------------------
Et, le soir même, quelques heures seulement avant la minute précise indiquée
pour le tir, tandis que le président Barbicane et le capitaine Nicholl se
congratulaient ainsi, Alcide Pierdeux, renfermé dans son cabinet à Baltimore,
poussait le cri du Peau-Rouge en délire. Puis, se relevant brusquement de la
table où s’empilaient des feuilles couvertes de formules algébriques, il
s’écriait :
« Coquin de Maston!… Ah! l’animal!… M’aura-t-il fait potasser son problème!… Et
comment n’ai-je pas découvert cela plus tôt!… Nom d’un cosinus!… Si je savais
où il est en ce moment, j’irais l’inviter à souper, et nous boirions un verre
de champagne au moment même où tonnera sa machine à tout casser! »
Et, après un de ces hululements de sauvage, avec lesquels il accentuait ses
parties de whist :
« Le vieux maboul!… Bien sûr, il avait son coup de pulvérin, quand il a calculé
le canon du Kilimandjaro!… Et pourtant, c’était la condition sine quâ non ou
sine canon, comme nous aurions dit à l’École! »
XVIII
Dans lequel les populations du Wamasai
attendent que le président Barbicane crie feu!
au capitaine Nicholl.
On était au soir du 22 septembre, date mémorable à laquelle l’opinion
publique assignait une influence aussi néfaste qu’à celle du 1er janvier de
l’an 1000.
Douze heures après le passage du soleil au méridien du Kilimandjaro,
c’est-à-dire à minuit, le feu devait être mis au terrible engin par la main du
capitaine Nicholl.
Il convient de mentionner ici que le Kilimandjaro étant par trente-cinq degrés
à l’est du méridien de Paris, et Baltimore à soixante-dix-neuf degrés à l’ouest
dudit méridien, cela constitue une différence de cent quatorze degrés, soit
entre les deux lieux quatre cent cinquante-six minutes de temps, ou sept heures
vingt-six. Donc, au moment précis où s’effectuerait le tir, il serait cinq
heures vingt-quatre après midi dans la grande cité du Maryland.
Le temps était magnifique. Le soleil venait de se coucher sur les plaines du
Wamasai, derrière un horizon de toute pureté. On ne pouvait souhaiter une plus
belle nuit, ni plus calme, ni plus étoilée, pour lancer un projectile travers
l’espace. Pas un nuage ne se mélangerait aux vapeurs artificielles, développées
par la déflagration de la méli- mélonite.
Qui sait? Peut-être le président Barbicane et le capitaine Nicholl
regrettaient-ils de ne pouvoir prendre place dans le projectile. Dès la
première seconde, ils auraient franchi deux mille huit cents kilomètres. Après
avoir pénétré les mystères du monde sélénite, ils auraient pénétré les mystères
du monde solaire, et dans des conditions autrement intéressantes que ne l’avait
fait le Français Hector Servadac, emporté à la surface de la comète Gallia!
[Note 19: _Hector Servadac,_ du même auteur.]
Le sultan Bâli-Bâli, les plus grands personnages de sa cour, c’est-à-dire son
ministre des finances et son exécuteur des hautes-oeuvres, puis le personnel
noir qui avait concouru au grand travail, étaient réunis pour suivre les
diverses phases du tir. Mais, par prudence, tout ce monde avait pris position à
trois kilomètres de la galerie forée dans le Kilimandjaro, de manière à n’avoir
rien à redouter de l’effroyable poussée des couches d’air.
Previous Page
| Next Page
|
|