|
Main
- books.jibble.org
My Books
- IRC Hacks
Misc. Articles
- Meaning of Jibble
- M4 Su Doku
- Computer Scrapbooking
- Setting up Java
- Bootable Java
- Cookies in Java
- Dynamic Graphs
- Social Shakespeare
External Links
- Paul Mutton
- Jibble Photo Gallery
- Jibble Forums
- Google Landmarks
- Jibble Shop
- Free Books
- Intershot Ltd
|
books.jibble.org
Previous Page
| Next Page
Page 60
Quant au troisième chantier, créé pour la fabrication de la méli-mélonite, le
travail s’y fit aisément, et dans des conditions de secret telles que la
composition de cet explosif n’a pu être encore définitivement déterminée.
Tout avait marché à souhait. On n’eût pas procédé avec plus de succès dans les
usines du Creusot, de Cail, d’Indret, de la Seyne, de Birkenhead, de Woolwich
ou de Cockerill. À peine comptait-on un accident par trois cent mille francs de
travaux.
On peut le croire, le sultan était ravi. Il suivait les opérations avec une
infatigable assiduité. Et on imagine aisément si la présence de sa redoutable
Majesté était de nature à stimuler le zèle de ses fidèles sujets!
Parfois, lorsque Bâli-Bâli demandait à quoi servirait toute cette besogne :
« Il s’agit d’une oeuvre qui doit changer la face du monde! lui répondait le
président Barbicane.
— Une oeuvre qui assurera au sultan Bâli-Bâli, ajoutait le capitaine Nicholl,
une gloire ineffaçable entre tous les rois de l’Afrique orientale! »
Si le sultan en tressaillait dans son orgueil de souverain du Wamasai, inutile
d’insister.
À la date du 29 août, les travaux étaient entièrement terminés. La galerie,
forée au calibre voulu, était revêtue de son âme lisse sur une longueur de six
cents mètres. Au fond étaient entassées deux mille tonnes de méli-mélonite, en
communication avec la boîte au fulminate. Puis venait le projectile, long de
cent cinquante mètres. En défalquant la place occupée par la poudre et le
projectile, il resterait à celui-ci encore quatre cent quatre-vingt douze
mètres à parcourir jusqu’à la bouche, ce qui assurerait tout son effet utile à
la poussée produite par l’expansion des gaz.
Cela étant, une première question se posait question de pure balistique : le
projectile dévierait-il de la trajectoire, qui lui était assignée par les
calculs de J.-T. Maston? En aucune façon. Les calculs étaient corrects. Ils
indiquaient dans quelle mesure le projectile devait dévier vers l’est du
méridien du Kilimandjaro, en vertu de la rotation de la Terre sur son axe, et
quelle était la forme de la courbe hyperbolique qu’il décrirait en vertu de son
énorme vitesse initiale.
Seconde question : Serait-il visible pendant son parcours? Non, car, au sortir
de la galerie, plongé dans l’ombre de la Terre, on ne pourrait l’apercevoir,
et, d’ailleurs, par suite de sa faible hauteur, il aurait une vitesse angulaire
très considérable. Une fois rentré dans la zone de lumière, la faiblesse de son
volume le déroberait aux plus puissantes lunettes, et, à plus forte raison,
quand, échappé aux chaînes de l’attraction terrestre, il graviterait
éternellement autour du soleil.
Certes, le président Barbicane et le capitaine Nicholl pouvaient être fiers de
l’opération qu’ils venaient de conduire ainsi jusqu’à son dernier terme.
Pourquoi J.-T. Maston n’était-il pas là pour admirer la bonne exécution des
travaux, digne de la précision des calculs qui les avaient inspirés?… Et,
surtout, pourquoi serait- il loin, bien loin, trop loin! quand cette formidable
détonation irait réveiller les échos jusqu’aux extrêmes horizons de l’Afrique?
En songeant à lui, ses deux collègues ne se doutaient guère que le secrétaire
du Gun-Club avait dû fuir Balistic- Cottage, après s’être évadé de la prison de
Baltimore, et qu’il en était réduit à se cacher pour sauvegarder sa précieuse
existence. Ils ignoraient à quel degré l’opinion publique était montée contre
les ingénieurs de la _North Polar Practical Association_. Ils ne savaient point
qu’ils auraient été massacrés, écartelés, brûlés à petit feu, s’il avait été
possible de se saisir de leur personne, Vraiment, à l’instant où le coup
partirait, il était heureux qu’ils ne pussent être salués que par les cris
d’une peuplade de l’Afrique orientale!
« Enfin! dit le capitaine Nicholl au président Barbicane, lorsque, dans la
soirée du 22 septembre, tous deux se prélassaient devant leur oeuvre parachevée.
— Oui!… enfin!… Et aussi : ouf! fit Impey Barbicane en poussant un soupir de
soulagement.
— Si c’était à recommencer…
— Bah!… Nous recommencerions!
— Quelle chance, dit le capitaine Nicholl, d’avoir eu à notre disposition cette
adorable méli-mélonite!…
Previous Page
| Next Page
|
|