|
Main
- books.jibble.org
My Books
- IRC Hacks
Misc. Articles
- Meaning of Jibble
- M4 Su Doku
- Computer Scrapbooking
- Setting up Java
- Bootable Java
- Cookies in Java
- Dynamic Graphs
- Social Shakespeare
External Links
- Paul Mutton
- Jibble Photo Gallery
- Jibble Forums
- Google Landmarks
- Jibble Shop
- Free Books
- Intershot Ltd
|
books.jibble.org
Previous Page
| Next Page
Page 32
« Bah!… Un trou plein d’eau… une cuvette… que vous n’êtes pas capables de
vider! » s’écria de nouveau Dean Toodrink.
Et il eut l’approbation bruyante de ses collègues.
« Non, monsieur, répondit vivement le président Barbicane. Il y a là un
continent, un plateau qui s’élève peut-être comme le désert de Gobi dans
l’Asie Centrale à trois ou quatre kilomètres au-dessus du niveau de la mer.
Et cela a pu être facilement et logiquement déduit des observations faites sur
les contrées limitrophes, dont le domaine polaire n’est que le prolongement.
Ainsi, pendant leurs explorations, Nordenskiöld, Peary, Maaigaard, ont constaté
que le Groënland va toujours en montant dans la direction du nord. À cent
soixante kilomètres vers l’intérieur, en partant de l’île Diskö, son altitude
est déjà de deux mille trois cents mètres. Or, en tenant compte de ces
observations, des différents produits, animaux ou végétaux, trouvés dans leurs
carapaces de glaces séculaires, tels que carcasses de mastodontes, défenses et
dents d’ivoire, troncs de conifères, on peut affirmer que ce continent fut
autrefois une terre fertile, habitée par des animaux certainement, par des
hommes peut-être. Là furent ensevelies les épaisses forêts des époques
préhistoriques, qui ont formé les gisements de houille dont nous saurons
poursuivre l’exploitation! Oui! c’est un continent qui s’étend autour du Pôle,
un continent vierge de toute empreinte humaine, et sur lequel nous irons
planter le pavillon des États-Unis d’Amérique! »
Tonnerre d’applaudissements.
Lorsque les derniers roulements se furent éteints dans les lointaines
perspectives d’Union-square, on entendit glapir la voix cassante du major
Donellan. Il disait :
« Voilà déjà sept minutes d’écoulées sur les dix qui devaient nous suffire pour
atteindre le Pôle?…
— Nous y serons dans trois minutes, » répondit froidement le président
Barbicane.
Il reprit :
« Mais, si c’est un continent qui constitue notre nouvel immeuble, et si ce
continent est surélevé, comme nous avons lieu de le croire, il n’en est pas
moins obstrué par les glaces éternelles, recouvert d’ice-bergs et d’ice-fields,
et dans des conditions où l’exploitation en serait difficile…
— Impossible! dit Jan Harald, qui souligna cette affirmation d’un grand geste.
— Impossible, je le veux bien, répondit Impey Barbicane. Aussi, est-ce à
vaincre cette impossibilité qu’ont tendu nos efforts. Non seulement, nous
n’aurons plus besoin de navires ni de traîneaux pour aller au Pôle; mais, grâce
à nos procédés, la fusion des glaces, anciennes ou nouvelles, s’opérera comme
par enchantement, et sans que cela nous coûte ni un dollar de notre capital, ni
une minute de notre travail! »
Ici un silence absolu. On touchait au moment « chicologique », suivant
l’élégante expression que murmura Dean Toodrink à l’oreille de Jacques Jansen.
« Messieurs, reprit le président du Gun-Club, Archimède ne demandait qu’un
point d’appui pour soulever le monde. Eh bien! ce point d’appui, nous l’avons
trouvé. Un levier devait suffire au grand géomètre de Syracuse, et ce levier
nous le possédons. Nous sommes donc on mesure de déplacer le Pôle…
— Déplacer le Pôle!… s’écria Éric Baldenak.
— L’amener en Amérique!… » s’écria Jan Harald.
Sans doute, le président Barbicane ne voulait pas encore préciser, car il
continua, disant :
« Quant à ce point d’appui…
— Ne le dites pas!… Ne le dites pas! s’écria un des assistants d’une voix
formidable.
— Quant à ce levier…
— Gardez le secret!… Gardez-le!… s’écria la majorité des spectateurs.
— Nous le garderons! », répondit le président Barbicane.
Et si les délégués européens furent dépités de cette réponse, on peut le
croire. Mais, malgré leurs réclamations, l’orateur ne voulut rien faire
connaître de ses procédés. Il se contenta d’ajouter :
Previous Page
| Next Page
|
|