Sans dessus dessous by Jules Verne


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Page 28

« Au diable soit-elle, cette excellente femme! Si elle ne m’avait pas si
maladroitement appelé au téléphone, je n’aurais pas couru le risque d’être
foudroyé! »

Cette fois, c’était bien fini. J.-T. Maston ne devait plus être dérangé au
cours de sa besogne. D’ailleurs, afin de mieux assurer le calme nécessaire à
ses travaux, il rendit son appareil complètement aphone, en interrompant la
communication électrique.

Reprenant pour base le nombre qu’il venait d’écrire, il en déduisit les
diverses formules, puis, finalement, une formule définitive, qu’il posa à
gauche sur le tableau, après avoir effacé tous les chiffres dont il l’avait
tirée.

Et alors, il se lança dans une interminable série de signes algébriques…

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Huit jours plus tard, le 11 octobre, ce magnifique calcul de mécanique était
résolu, et le secrétaire du Gun-Club apportait triomphalement à ses collègues
la solution du problème qu’ils attendaient avec une impatience bien naturelle.

Le moyen pratique d’arriver au Pôle nord pour en exploiter les houillères était
mathématiquement établi. Aussi, une Société fut-elle fondée sous le titre de
_North Polar Practical Association_, à laquelle le gouvernement de Washington
accordait la concession du domaine arctique pour le cas où l’adjudication l’en
rendrait propriétaire. On sait comment, l’adjudication ayant été faite au
profit des États-Unis d’Amérique, la nouvelle Société fit appel au concours des
capitalistes des deux Mondes.

VII

Dans lequel le président Barbicane n’en dit
pas plus qu’il ne lui convient d’en dire.

Le 22 décembre, les souscripteurs de Barbicane and Co furent convoqués en
assemblée générale. Il va sans dire que les salons du Gun-Club avaient été
choisis pour lieu de réunion dans l’hôtel d’Union-square. Et, en vérité, c’est
à peine si le square lui-même eût suffi à enfermer la foule empressée des
actionnaires. Mais le moyen de faire un meeting en plein air, à cette date, sur
l’une des places de Baltimore, lorsque la colonne mercurielle s’abaisse de dix
degrés centigrades au-dessous du zéro de la glace fondante.

Ordinairement, le vaste hall de Gun-Club ­ on ne l’a peut- être pas oublié ­
était orné d’engins de toutes sortes empruntés à la noble profession de ses
membres. On eût dit un véritable musée d’artillerie. Les meubles eux-mêmes,
sièges et tables, fauteuils et divans, rappelaient, par leur forme bizarre, ces
engins meurtriers, qui avaient envoyé dans un monde meilleur tant de braves
gens dont le secret désir eût été de mourir de vieillesse.

Eh bien! ce jour-là, il avait fallu remiser cet encombrement. Ce n’était pas
une assemblée guerrière, c’était une assemblée industrielle et pacifique
qu’Impey Barbicane allait présider. Large place avait donc été faite aux
nombreux souscripteurs, accourus de tous les points des États-Unis. Dans le
hall, comme dans les salons y attenant, ils se pressaient, s’écrasaient,
s’étouffaient, sans compter l’interminable queue, dont les remous se
prolongeaient jusqu’au milieu d’Union-square.

Bien entendu, les membres du Gun-Club, ­ premiers souscripteurs des actions de
la nouvelle Société, ­ occupaient des places rapprochées du bureau. On
distinguait parmi eux, plus triomphants que jamais, le colonel Bloomsberry, Tom
Hunter aux jambes de bois et leur collègue le fringant Bilsby. Très galamment,
un confortable fauteuil avait été réservé à Mrs Evangélina Scorbitt, qui aurait
véritablement eu le droit, en sa qualité de plus forte propriétaire de
l’immeuble arctique, de siéger à côté du président Barbicane. Nombre de femmes,
d’ailleurs, appartenant à toutes les classes de la cité, fleurissaient de leurs
chapeaux aux bouquets assortis, aux plumes extravagantes, aux rubans
multicolores, la bruyante foule qui se pressait sous la coupole vitrée du hall.

En somme, pour l’immense majorité, les actionnaires présents à cette assemblée
pouvaient être considérés, non seulement comme des partisans, mais comme des
amis personnels des membres du Conseil d’administration.

Une observation, cependant. Les délégués européens, suédois, danois, anglais,
hollandais et russe, occupaient des places spéciales, et, s’ils assistaient à
cette réunion, c’est que chacun d’eux avait souscrit le nombre d’actions qui
donnait droit à une voix délibérative. Après avoir été si parfaitement unis
pour acquérir, ils ne l’étaient pas moins, actuellement, pour dauber les
acquéreurs. On imagine aisément quelle intense curiosité. les poussait à
connaître la communication que le président Barbicane allait faire. Cette
communication ­ on n’en doutait pas ­ jetterait la lumière sur les procédés
imaginés pour atteindre le Pôle boréal. N’y avait-il pas là une difficulté plus
grande encore que d’en exploiter les houillères? S’il se présentait quelques
objections à produire, Éric Baldenak, Boris Karkof, Jacques Jansen, Jan Harald,
ne se gêneraient pas pour demander la parole. De son côté, le major Donellan,
soufflé par Dean Toodrink, était bien décidé à pousser son rival Impey
Barbicane jusque dans ses derniers retranchements.

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Books | Photos | Paul Mutton | Sun 15th Feb 2026, 19:15