Sans dessus dessous by Jules Verne


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Page 20

Mais, si la consommation du fer est assurée jusqu’à la fin des siècles, celle
de la houille ne l’est pas. Loin de là. Les, gens avisés, qui se préoccupent de
l’avenir, même quand il se chiffre par plusieurs centaines d’années, doivent
donc rechercher les charbonnages partout où la prévoyante nature les a formés
aux époques géologiques.

« Parfait! » répondaient les opposants.

Et, aux États-Unis comme ailleurs, il se rencontre des gens qui, par envie ou
haine, aiment à dénigrer, sans compter ceux qui contredisent pour le plaisir de
contredire.

« Parfait! disaient ces opposants. Mais, pourquoi y aurait- il du charbon au
Pôle nord?

— Pourquoi? répondaient les partisans du président Barbicane. Parce que, très
vraisemblablement, à l’époque des formations géologiques, le volume du Soleil
était tel, d’après la théorie de M. Blandet, que la différence de la
température de l’Équateur et des Pôles n’était pas appréciable. Alors
d’immenses forêts couvraient les régions septentrionales du globe, bien avant
l’apparition de l’homme, lorsque notre planète était soumise à l’action
permanente de la chaleur et de l’humidité. »

Et, c’est ce que les journaux, les revues, les magazines, à la dévotion de la
Société, établissaient dans mille articles variés, tantôt sous la forme
plaisante, tantôt sous la forme scientifique. Or, ces forêts, enlisées au temps
des énormes convulsions qui ébranlaient le globe avant qu’il n’eût pris son
assise définitive, avaient certainement dû se transformer en houillères, sous
l’action du temps, des eaux et de la chaleur interne. Donc, rien de plus
admissible que cette hypothèse, d’après laquelle le domaine polaire serait
riche en gisements de houille, prêts à s’ouvrir sous la rivelaine du mineur.

De plus, il y avait des faits ­ des faits indéniables. Ces esprits positifs,
qui ne veulent point tabler sur de simples probabilités, ne pouvaient les
mettre en doute, et ils étaient de nature à autoriser la recherche des
différentes variétés de charbon à la surface des régions boréales.

Et c’est là précisément ce dont le major Donellan et son secrétaire
s’entretenaient ensemble, quelques jours après, dans le plus sombre recoin de
la taverne des _Two Friends_.

« Eh! disait Dean Toodrink, est-ce que ce Barbicane ­ que Berry pende un jour ­
aurait raison?

— C’est probable, répondit le major Donellan, et j’ajouterai même que cela doit
être certain.

— Mais, alors, il y aurait des fortunes à gagner en exploitant les régions
polaires!

— Assurément! répondit le major. Si l’Amérique du Nord possède de vastes
gisements de combustible minéral, si on en signale fréquemment de nouveaux, il
n’est pas douteux qu’il en reste encore de très importants à découvrir,
monsieur Toodrink. Or, les terres arctiques paraissent être une annexe de ce
continent américain. Identité de formation et d’aspect. Plus particulièrement,
le Groënland est un prolongement du Nouveau-Monde, et il est certain que le
Groënland tient à l’Amérique…

— Comme une tête de cheval, dont il a la forme, tient au corps de l’animal, fit
observer le secrétaire du major Donellan.

— J’ajoute, reprit celui-ci, que, lors de ses explorations sur le territoire
groënlandais, le professeur Nordenskiöld a reconnu des formations
sédimentaires, constituées par des grès et des schistes avec des intercalations
de lignite, qui renferment une quantité considérable de plantes fossiles. Rien
que dans le district de Diskô, le danois Stoënstrup a reconnu soixante et onze
gisements, où abondent les empreintes végétales, indiscutables vestiges de
cette puissante végétation, qui se groupait autrefois avec une extraordinaire
intensité autour de l’axe polaire.

— Mais plus haut?… demanda Dean Toodrink.

— Plus haut, ou plus loin, dans la direction du nord, répliqua le major, la
présence de la houille s’est affirmée matériellement, et il semble qu’il n’y
ait qu’à se baisser pour en prendre. Donc, si le charbon est ainsi répandu à la
surface de ces contrées, ne peut-on en conclure presque avec certitude que les
gisements s’enfoncent jusque dans les profondeurs de la croûte terrestre? »

Il avait raison, le major Donellan. Comme il connaissait à fond la question des
formations géologiques au Pôle boréal, c’était là ce qui faisait de lui le plus
irritable de tous les Anglais en cette circonstance. Et peut-être eût-il
longtemps parlé sur ce sujet, s’il ne se fût aperçu que les habitués de la
taverne cherchaient à l’écouter. Aussi, Dean Toodrink et lui jugèrent-ils
prudent de se tenir sur la réserve, après que ledit Toodrink eut fait cette
dernière observation :

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Books | Photos | Paul Mutton | Sun 15th Feb 2026, 3:20