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Page 19
Sans doute, dans sa pensée, il s’agissait d’une entreprise, qui, comme a dit
Jean Jacques, « n’eut jamais d’exemple et qui n’aura point d’imitateurs, »
d’une oeuvre destinée à laisser loin derrière elle la tentative faite par les
membres du Gun-Club pour entrer en communication directe avec le satellite
terrestre.
Insistait-elle, J.-T. Maston, mettant son crochet sur ses lèvres à
demi-fermées, se bornait à dire :
« Chère mistress Scorbitt, ayez confiance! »
Et, si Mrs Evangélina Scorbitt avait eu confiance « avant », quelle immense
joie éprouvât-elle « après », lorsque le bouillant secrétaire lui eut attribué
le triomphe des États-Unis d’Amérique et la défaite de l’Europe septentrionale.
« Mais ne puis-je enfin savoir maintenant?… demanda-t- elle en souriant à
l’éminent calculateur.
— Vous saurez bientôt! » répondit J.-T. Maston, qui secoua vigoureusement la
main de sa coassociée à l’américaine.
Cette secousse eut pour effet immédiat de calmer les impatiences de Mrs
Evangélina Scorbitt.
Quelques jours plus tard, l’Ancien et le Nouveau Monde ne furent pas moins
secoués, sans parler de la secousse qui les attendait dans l’avenir lorsque
l’on connut le projet absolument insensé, pour la réalisation duquel la _North
Polar Practical Association_ allait faire appel à une souscription publique.
Effectivement, si la Société avait acquis cette portion des régions
circumpolaires, c’était dans le but d’exploiter… les houillères du pôle boréal!
V
Et d’abord, peut-on admettre qu’il y ait des
houillères près du Pôle nord?
Telle fut la première question qui se présenta à l’esprit des gens doués de
quelques logique.
« Pourquoi y aurait-il des gisements de houille aux environs du Pôle? dirent
les uns.
— Pourquoi n’y en aurait-il pas? » répondirent les autres.
On le sait, les couches de charbon, qui sont répandues sur de nombreux points
de la surface du globe, abondent en diverses contrées de l’Europe. Quant aux
deux Amériques, elles en possèdent de considérables, et peut-être les États-
Unis en sont-ils le plus richement pourvus. Ces couches ne manquent d’ailleurs
ni à l’Afrique, ni à l’Asie, ni à l’Océanie.
À mesure que la reconnaissance des territoires du globe est poussée plus avant,
on découvre de ces gisements à tous les étages géologiques, l’anthracite dans
les terrains les plus anciens, la houille dans les terrains carbonifères
supérieurs, le stipite dans les terrains secondaires, le lignite dans les
terrains tertiaires. Le combustible minéral ne fera pas défaut avant un temps
qui se chiffre par des centaines d’années.
Et pourtant, l’extraction du charbon, dont l’Angleterre produit à elle seule
cent soixante millions de tonnes, est annuellement de quatre cent millions de
tonnes dans le monde entier. Or, cette consommation ne semble pas devoir cesser
de s’accroître avec les besoins de l’industrie, qui vont toujours en
s’augmentant. Que l’électricité se substitue à la vapeur comme force motrice,
ce sera toujours une dépense égale de houille pour la production de cette
force. L’estomac industriel ne vit que de charbon, il ne mange pas autre chose.
L’industrie est un animal « carbonivore »; il faut bien le nourrir.
Et puis, ce charbon, ce n’est pas seulement un combustible, c’est aussi la
substance tellurique, dont la science tire actuellement le plus de produits et
de sous- produits pour tant d’usages divers. Avec les transformations qu’il
subit dans les creusets du laboratoire, on peut teindre, sucrer, aromatiser,
vaporiser, purifier, chauffer, éclairer, orner en produisant du diamant. Il est
aussi utile que le fer : il l’est même plus.
Très heureusement, ce dernier métal, il n’est pas à craindre que l’on puisse
jamais l’épuiser; c’est la composition même du globe terrestre.
En réalité, la Terre doit être considérée comme une masse de fer plus ou moins
carburé à l’état de fluidité ignée, recouverte de silicates liquides, sorte de
laitier que surmontent les roches solides et l’eau. Les autres métaux, aussi
bien que l’eau et la pierre, n’entrent que pour une part extrêmement réduite
dans la composition de notre sphéroïde.
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