|
Main
- books.jibble.org
My Books
- IRC Hacks
Misc. Articles
- Meaning of Jibble
- M4 Su Doku
- Computer Scrapbooking
- Setting up Java
- Bootable Java
- Cookies in Java
- Dynamic Graphs
- Social Shakespeare
External Links
- Paul Mutton
- Jibble Photo Gallery
- Jibble Forums
- Google Landmarks
- Jibble Shop
- Free Books
- Intershot Ltd
|
books.jibble.org
Previous Page
| Next Page
Page 16
Charme profond, magique, dont nous grise
Dans le pr�sent le pass� restaur�!
Ainsi l'amant sur un corps ador�
Du souvenir cueille la fleur exquise.
De ses cheveux �lastiques et lourds,
Vivant sachet, encensoir de l'alc�ve,
Une senteur montait, sauvage et fauve,
Et des habits, mousseline ou velours,
Tout impr�gn�s de sa jeunesse pure,
Se d�gageait un parfum de fourrure.
III
LE CADRE
Comme un beau cadre ajoute � la peinture,
Bien qu'elle soit d'un pinceau tr�s vant�,
Je ne sais quoi d'�trange et d'enchant�
En l'isolant de l'immense nature.
Ainsi bijoux, meubles, m�taux, dorure,
S'adaptaient juste � sa rare beaut�;
Rien n'offusquait sa parfaite clart�,
Et tout semblait lui servir de bordure.
M�me on e�t dit parfois qu'elle croyait
Que tout voulait l'aimer; elle noyait
Dans les baisers du satin et du linge
Son beau corps nu, plein de frissonnements,
Et, lente ou brusque, en tous ses mouvements,
Montrait la gr�ce enfantine du singe.
IV
LE PORTRAIT
La Maladie et la Mort font des cendres
De tout le feu qui pour nous flamboya.
De ces grands yeux si fervents et si tendres,
De cette bouche o� mon coeur se noya,
De ces baisers puissants comme un dictame,
De ces transports plus vifs que des rayons.
Que reste-t-il? C'est affreux, � mon �me!
Rien qu'un dessin fort p�le, aux trois crayons,
Qui, comme moi, meurt dans la solitude,
Et que le Temps, injurieux vieillard,
Chaque jour frotte avec son aile rude...
Noir assassin de la Vie et de l'Art,
Tu ne tueras jamais dans ma m�moire
Celle qui fut mon plaisir et ma gloire!
Je te donne ces vers afin que, si mon nom
Aborde heureusement aux �poques lointaines
Et fait r�ver un soir les cervelles humaines,
Vaisseau favoris� par un grand aquilon,
Ta m�moire, pareille aux fables incertaines,
Fatigue le lecteur ainsi qu'un tympanon,
Et par un fraternel et mystique cha�non
Reste comme pendue � mes rimes hautaines;
Etre maudit � qui de l'ab�me profond
Jusqu'au plus haut du ciel rien, hors moi, ne r�pond;
--O toi qui, comme une ombre � la trace �ph�m�re,
Foules d'un pied l�ger et d'un regard serein
Les stupides mortels qui t'ont jug�e am�re,
Statue aux yeux de jais, grand ange au front d'airain!
Previous Page
| Next Page
|
|