Les Fleurs du Mal by Charles Baudelaire


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Page 15

La nuit s'�paississait ainsi qu'une cloison,
Et mes yeux dans le noir devinaient tes prunelles
Et je buvais ton souffle, � douceur, � poison!
Et tes pieds s'endormaient dans mes mains fraternelles,
La nuit s'�paississait ainsi qu'une cloison.

Je sais l'art d'�voquer les minutes heureuses,
Et revis mon pass� blotti dans tes genoux.
Car � quoi bon chercher tes beaut�s langoureuses
Ailleurs qu'en ton cher corps et qu'en ton coeur si doux?
Je sais l'art d'�voquer les minutes heureuses!

Ces serments, ces parfums, ces baisers infinis,
Rena�tront-ils d'un gouffre interdit � nos sondes,
Comme montent au ciel les soleils rajeunis
Apr�s s'�tre lac�s au fond des mers profondes!
--O serments! � parfums! � baisers infinis!




LE POSSEDE


Le soleil s'est couvert d'un cr�pe. Comme lui,
O Lune de ma vie! emmitoufle-toi d'ombre;
Dors ou fume � ton gr�; sois muette, sois sombre,
Et plonge tout enti�re au gouffre de l'Ennui;

Je t'aime ainsi! Pourtant, si tu veux aujourd'hui,
Comme un astre �clips� qui sort de la p�nombre,
Te pavaner aux lieux que la Folie encombre,
C'est bien! Charmant poignard, jaillis de ton �tui!

Allume ta prunelle � la flamme des lustres!
Allume le d�sir dans les regards des rustres!
Tout de toi m'est plaisir, morbide ou p�tulant;

Sois ce que tu voudras, nuit noire, rouge aurore;
Il n'est pas une fibre en tout mon corps tremblant
Qui ne crie: _O mon cher Belz�buth, je t'adore!_




UN FANTOME

I

LES T�N�BRES


Dans les caveaux d'insondable tristesse
O� le Destin m'a d�j� rel�gu�;
O� jamais n'entre un rayon ros� et gai;
O�, seul avec la Nuit, maussade h�tesse,

Je suis comme un peintre qu'un Dieu moqueur
Condamne � peindre, h�las! sur les t�n�bres;
O�, cuisinier aux app�tits fun�bres,
Je fais bouillir et je mange mon coeur,

Par instants brille, et s'allonge, et s'�tale
Un spectre fait de gr�ce et de splendeur:
A sa r�veuse allure orientale,

Quand il atteint sa totale grandeur,
Je reconnais ma belle visiteuse:
C'est Elle! sombre et pourtant lumineuse.


II

LE PARFUM


Lecteur, as-tu quelquefois respir�
Avec ivresse et lente gourmandise
Ce grain d'encens qui remplit une �glise,
Ou d'un sachet le musc inv�t�r�?

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Books | Photos | Paul Mutton | Sun 22nd Mar 2026, 3:00