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Page 40
Orso lut trois ou quatre fois cette lettre, accompagnant
mentalement chaque lecture de commentaires sans nombre; puis il
fit une longue r�ponse, qu'il chargea Saveria de porter � un homme
du village qui partait la nuit m�me pour Ajaccio. D�j� il ne
pensait gu�re � discuter avec sa soeur les griefs vrais ou faux
des Barricini, la lettre de miss Lydia lui faisait tout voir en
couleur de rose; il n'avait plus ni soup�ons, ni haine. Apr�s
avoir attendu quelque temps que sa soeur redescend�t, et ne la
voyant pas repara�tre, il alla se coucher, le coeur plus l�ger
qu'il ne s'�tait senti depuis longtemps. Chilina ayant �t�
cong�di�e avec des instructions secr�tes, Colomba passa la plus
grande partie de la nuit � lire de vieilles paperasses. Un peu
avant le jour, quelques petits cailloux furent lanc�s contre sa
fen�tre; � ce signal, elle descendit au jardin, ouvrit une porte
d�rob�e, et introduisit dans sa maison deux hommes de fort
mauvaise mine; son premier soin fut de les mener � la cuisine et
de leur donner � manger. Ce qu'�taient ces hommes, on le saura
tout � l'heure.
XV
Le matin, vers six heures, un domestique du pr�fet frappait � la
maison d'Orso. Re�u par Colomba, il lui dit que le pr�fet allait
partir, et qu'il attendait son fr�re. Colomba r�pondit sans
h�siter que son fr�re venait de tomber dans l'escalier et de se
fouler le pied; qu'�tant hors d'�tat de faire un pas, il suppliait
M. le pr�fet de l'excuser, et serait tr�s reconnaissant s'il
daignait prendre la peine de passer chez lui. Peu apr�s ce
message, Orso descendit et demanda � sa soeur si le pr�fet ne
l'avait pas envoy� chercher.
�Il vous prie de l'attendre ici�, dit-elle avec la plus grande
assurance.
Une demi-heure s'�coula sans qu'on aper�t le moindre mouvement du
c�t� de la maison des Barricini; cependant Orso demandait �
Colomba si elle avait fait quelque d�couverte; elle r�pondit
qu'elle s'expliquerait devant le pr�fet. Elle affectait un grand
calme, mais son teint et ses yeux annon�aient une agitation
f�brile.
Enfin, on vit s'ouvrir la porte de la maison Barricini; le pr�fet,
en habit de voyage, sortit le premier, suivi du maire et de ses
deux fils. Quelle fut la stup�faction des habitants de Pietranera,
aux aguets depuis le lever du soleil, pour assister au d�part du
premier magistrat du d�partement, lorsqu'ils le virent, accompagn�
des trois Barricini, traverser la place en droite ligne et entrer
dans la maison della Rebbia. �Ils font la paix!� s'�cri�rent les
politiques du village.
�Je vous le disais bien, ajouta un vieillard, Orso Antonio a trop
v�cu sur le continent pour faire les choses comme un homme de
coeur.
-- Pourtant, r�pondit un rebbianiste, remarquez que ce sont les
Barricini qui viennent le trouver. Ils demandent gr�ce.
-- C'est le pr�fet qui les a tous embobelin�s, r�pliqua le
vieillard; on n'a plus de courage aujourd'hui, et les jeunes gens
se soucient du sang de leur p�re comme s'ils �taient tous des
b�tards.�
Le pr�fet ne fut pas m�diocrement surpris de trouver Orso debout
et marchant sans peine. En deux mots, Colomba s'accusa de son
mensonge et lui en demanda pardon:
�Si vous aviez demeur� ailleurs, monsieur le pr�fet, dit-elle, mon
fr�re serait all� hier vous pr�senter ses respects.�
Orso se confondait en excuses, protestant qu'il n'�tait pour rien
dans cette ruse ridicule, dont il �tait profond�ment mortifi�. Le
pr�fet et le vieux Barricini parurent croire � la sinc�rit� de ses
regrets, justifi�s d'ailleurs par sa confusion et les reproches
qu'il adressait � sa soeur; mais les fils du maire ne parurent pas
satisfaits:
�On se moque de nous, dit Orlanduccio, assez haut pour �tre
entendu.
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