|
Main
- books.jibble.org
My Books
- IRC Hacks
Misc. Articles
- Meaning of Jibble
- M4 Su Doku
- Computer Scrapbooking
- Setting up Java
- Bootable Java
- Cookies in Java
- Dynamic Graphs
- Social Shakespeare
External Links
- Paul Mutton
- Jibble Photo Gallery
- Jibble Forums
- Google Landmarks
- Jibble Shop
- Free Books
- Intershot Ltd
|
books.jibble.org
Previous Page
| Next Page
Page 37
Colomba fit un signe de t�te n�gatif. Elle avait repris son calme
habituel et fixait des yeux ardents sur le pr�fet.
�M. Barricini, continua le pr�fet, d�sirerait vivement voir cesser
cette esp�ce d'inimiti�..., c'est-�-dire cet �tat d'incertitude o�
vous vous trouvez l'un vis-�-vis de l'autre... Pour ma part, je
serais enchant� de vous voir �tablir avec lui les rapports que
doivent avoir ensemble des gens faits pour s'estimer...
-- Monsieur, interrompit Orso d'une voix �mue, je n'ai jamais
accus� l'avocat Barricini d'avoir assassin� mon p�re, mais il a
fait une action qui m'emp�chera toujours d'avoir aucune relation
avec lui. Il a suppos� une lettre mena�ante, au nom d'un certain
bandit... du moins il l'a sourdement attribu�e � mon p�re. Cette
lettre enfin, monsieur, a probablement �t� la cause indirecte de
sa mort.�
Le pr�fet se recueillit un instant. �Que monsieur votre p�re l'ait
cru, lorsque, emport� par la vivacit� de son caract�re, il
plaidait contre monsieur Barricini, la chose est excusable; mais,
de votre part, un semblable aveuglement n'est plus permis.
R�fl�chissez donc que Barricini n'avait point int�r�t � supposer
cette lettre... Je ne vous parle pas de son caract�re..., vous ne
le connaissez point, vous �tes pr�venu contre lui..., mais vous ne
supposez pas qu'un homme connaissant les lois...
-- Mais, monsieur, dit Orso en se levant, veuillez songer que me
dire que cette lettre n'est pas l'ouvrage de M. Barricini, c'est
l'attribuer � mon p�re. Son honneur, monsieur, est le mien.
-- Personne plus que moi, monsieur, poursuivit le pr�fet, n'est
convaincu de l'honneur du colonel della Rebbia... mais... l'auteur
de cette lettre est connu maintenant.
-- Qui? s'�cria Colomba s'avan�ant vers le pr�fet.
-- Un mis�rable, coupable de plusieurs crimes..., de ces crimes
que vous ne pardonnez pas, vous autres Corses, un voleur, un
certain Tomaso Bianchi, � pr�sent d�tenu dans les prisons de
Bastia, a r�v�l� qu'il �tait l'auteur de cette fatale lettre.
-- Je ne connais pas cet homme, dit Orso. Quel aurait pu �tre son
but?
-- C'est un homme de ce pays, dit Colomba, fr�re d'un ancien
meunier � nous. C'est un m�chant et un menteur, indigne qu'on le
croie.
-- Vous allez voir, continua le pr�fet, l'int�r�t qu'il avait dans
l'affaire. Le meunier dont parle mademoiselle votre soeur, -- il
se nommait, je crois, Th�odore, -- tenait � loyer du colonel un
moulin sur le cours d'eau dont M. Barricini contestait la
possession � monsieur votre p�re. Le colonel, g�n�reux � son
habitude, ne tirait presque aucun profit de son moulin. Or, Tomaso
a cru que, si M. Barricini obtenait le cours d'eau, il aurait un
loyer consid�rable � lui payer, car on sait que M. Barricini aime
assez l'argent. Bref, pour obliger son fr�re, Tomaso a contrefait
la lettre du bandit, et voil� toute l'histoire. Vous savez que les
liens de famille sont si puissants en Corse, qu'ils entra�nent
quelquefois au crime...
Veuillez prendre connaissance de cette lettre que m'�crit le
procureur g�n�ral, elle vous confirmera ce que je viens de vous
dire.�
Orso parcourut la lettre qui relatait en d�tail les aveux de
Tomaso, et Colomba lisait en m�me temps par-dessus l'�paule de son
fr�re.
Lorsqu'elle eut fini, elle s'�cria:
�Orlanduccio Barricini est all� � Bastia il y a un mois, lorsqu'on
a su que mon fr�re allait revenir. Il aura vu Tomaso et lui aura
achet� ce mensonge.
-- Mademoiselle, dit le pr�fet avec impatience, vous expliquez
tout par des suppositions odieuses; est-ce le moyen de d�couvrir
la v�rit�? Vous, monsieur, vous �tes de sang-froid; dites-moi, que
pensez-vous maintenant? Croyez-vous, comme mademoiselle, qu'un
homme qui n'a qu'une condamnation assez l�g�re � redouter se
charge de gaiet� de coeur d'un crime de faux pour obliger
quelqu'un qu'il ne conna�t pas?�
Previous Page
| Next Page
|
|