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Page 63
L'action commence apr�s la bataille d'Actium, qui fut si funeste �
Antoine. Cl�op�tre cherche � le distraire par les ressources du luxe, et
par les divertissements qu'elle a ordonn�s pour c�l�brer le jour de sa
naissance. Une des plus belles sc�nes du premier acte, � laquelle Dryden
lui-m�me donne la pr�f�rence sur toutes celles qu'il ait jamais faites,
c'est la sc�ne entre Antoine d�courag� et presque d�sesp�r�, et son ami,
le vertueux et brave Ventidius, qui lui reproche ses d�bauches et sa
passion pour le plaisir. D'abord il s'attire l'indignation d'Antoine,
qui cependant revient insensiblement au sentiment de reconnaissance
qu'il doit aux vertueuses intentions de son ami, et qui prend la
r�solution de redevenir un homme et un h�ros, en hasardant une nouvelle
tentative contre Octave.
Cl�op�tre, au commencement du second acte, est extr�mement inqui�te et
m�contente de ce qu'Antoine veut l'abandonner. Elle m�nage encore un
rendez-vous avec lui pour le faire renoncer � son projet. En vain
Ventidius cherche-t-il � emp�cher cette dangereuse entrevue. Antoine
se fait d'abord violence, et lui reproche tout ce qu'elle lui a fait
n�gliger et perdre. Elle se justifie, et lui apprend les offres
s�duisantes que C�sar lui a fait faire, et qu'elle a rejet�es pour lui.
Ce faible Romain se laisse enfin tellement s�duire qu'il renonce � tous
ses projets h�ro�ques, et reste aupr�s d'elle.
Antoine se livre de nouveau � la d�bauche et aux plaisirs que Cl�op�tre
lui pr�pare. Ventidius fait de nouveaux efforts pour l'en arracher,
et son ami Dolabella, qui revient de Rome, lui apprend les conditions
avantageuses d'un accommodement avec C�sar. Ventidius croit les devoir �
sa m�diation et � son amiti�, mais Dolabella lui apprend qu'il n'y a pas
contribu�, et dit qu'il veut lui amener ses avocats: c'est Octavie son
�pouse, avec ses deux enfants. Antoine leur montre d'abord beaucoup de
froideur et d'indiff�rence: mais leur g�n�rosit� le subjugue et
r�veille en lui sa premi�re tendresse. Cl�op�tre, inqui�te de l'arriv�e
d'Octavie, lui t�moigne son d�pit avec beaucoup de hauteur dans une
sc�ne tr�s-courte qui finit le troisi�me acte.
Antoine se sent trop faible pour faire ses adieux � sa ma�tresse; il en
charge son ami Dolabella. Celui-ci est lui-m�me �pris des charmes de
Cl�op�tre. Sa commission lui fournit l'occasion de lui d�clarer son
amour. Cl�op�tre, d'apr�s le conseil d'Alexas, profite de cet aveu
pour exciter la jalousie d'Antoine et ranimer sa passion. Ventidius et
Octavie ont �pi� la conversation de Cl�op�tre avec Dolabella; ils la
racontent � Antoine, qui, indign� contre eux, leur en fait les plus
amers reproches. Ils se justifient tous deux, et Cl�op�tre en rejette
toute la faute sur Alexas, qui lui avait conseill� de piquer sa jalousie
pour le retenir. Ils se s�parent.
Dans l'intervalle du quatri�me au cinqui�me acte a lieu la bataille
navale qui ach�ve la perte d'Antoine, et pendant laquelle toute la
flotte d'�gypte eut la perfidie de se jeter du c�t� de C�sar.
Cette perte confond Antoine, excite sa rage, et le plonge dans le
d�couragement. Cl�op�tre, pour se soustraire � sa col�re, se retire dans
son tombeau, et lui fait parvenir, par Alexas, la nouvelle de sa
feinte mort. Cette perte met le comble au d�sespoir d'Antoine; il prie
Ventidius de lui �ter la vie; mais celui-ci s'�tant poignard� lui-m�me,
Antoine se pr�cipite sur son �p�e. Cl�op�tre accourt, le trouve mourant,
et elle se donne aussi la mort, comme dans Shakspeare.
Il ne faut que comparer ce plan abr�g� de la trag�die de Dryden avec
celui de Shakspeare, pour voir que le premier a beaucoup plus de
situations, et que l'encha�nement en est mieux combin�. Quiconque lira
cette pi�ce de Dryden y verra partout les soins et le travail du po�te,
qui, avant de commencer son ouvrage, s'est bien p�n�tr� de son sujet et
des plus petites circonstances qui y avaient trait, par la lecture de
Plutarque, d'Appien et de Dion-Cassius, sources o� il a puis�. Il est
vrai qu'on ne trouvera pas tous ces traits dans Shakspeare, bien qu'ils
n'y manquent pas compl�tement: mais Shakspeare s'emparera tellement du
lecteur, il entra�nera et occupera si fort son coeur, qu'il lui fera
oublier ou n�gliger toutes les froides r�flexions de la critique.
L'_Antoine et Cl�op�tre_ de sir Cari Sedley est bien au-dessous de la
trag�die de Dryden: elle ne fut imprim�e qu'en 1677; je n'en connais que
l'historique: mais j'ai lu une autre trag�die du m�me auteur, intitul�e:
_Beauty the Conqueror, or the death of Marc-Anthony, a tragedy in
imitation of the Roman way of writing_: elle est imprim�e avec une
collection in-4 de quelques oeuvres de Sedley, mise au jour par le
capitaine Ayloffe, � Londres, 1702. Elle est en vers rim�s et dans
un style tr�s-in�gal, souvent tr�s-enfl�, quelquefois noble, et
tr�s-souvent faible. Les efforts de C�sar pour engager Cl�op�tre �
quitter Antoine en font le principal sujet: cette princesse va m�me
jusqu'� le trahir. En g�n�ral le po�te s'est �cart� en diff�rentes
occasions de la v�rit� de l'histoire; mais les �pisodes de son invention
n'ont pas une grande valeur. Il am�ne, par exemple, sur la sc�ne un
grand sc�l�rat, Achillas, � qui il fait ourdir des trames secr�tes pour
s'emparer du tr�ne d'�gypte, qu'il esp�re partager avec sa ma�tresse
Iras. L'imitation du _style romain_, qu'annonce le titre de la pi�ce,
ne se trouve que dans les choeurs des quatre premiers actes; encore
manquent-ils du vrai _style lyrique_.]
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