Voyage dans l'Aurès by Dorothée Chellier


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Page 5

L�, comme partout au cours de cette mission, je constate que c'est la
syphilis qui m'apporte, le plus nombreux contingent de malades. Acquise
ou h�r�ditaire, elle s'affirme par ses manifestations chez la
femme adulte et chez l'enfant � la mamelle; puis la malaria et les
conjonctivites granuleuses.

Je re�ois � Daali une visite inattendue.

La reine de l'Aur�s est venue nous voir, non comme malade, mais en
visiteuse, attir�e par la curiosit� de voir une femme m�decin.

Elle est fort belle et il ne me para�t pas qu'elle soit de race chaou�a
pure. Elle semble plut�t, si j'ose dire, �tre la fille d'une femme
chaou�a et d'un europ�en.

D'une haute stature et d'un port tr�s noble, elle a des �paules et des
bras d'une ligne parfaite. La t�te est remarquable et superbe, mais
d'expression lassante par son impassibilit� qu'on devine voulue et
�tudi�e. Au bout de quelques instants il semble qu'on regarda une
statue.

Son costume qui rappelle celui de toutes les femmes de l'Aur�s, mais
singuli�rement plus riche, ajoute encore � sa beaut�. Elle a la figure
d�couverte, sa melhafa (robe) est rose crevette. Jet� sur ses �paules et
tombant jusqu'au bas de sa robe, en arri�re, un voile de cr�pe noir.

Sa coiffure ne se distingue pas de celle des autres femmes. Un gros
madras allong� dans le sens transversal recouvre les cheveux et supporte
des bijoux d'argent compos�s de cha�nettes se terminant en bas par des
plaques de divers mod�les, qui tombent de chaque c�t� du visage. Des
boucles d'oreilles faites d'un anneau d'argent mesurant 10 centim�tres
de diam�tre et se passant dans le lobule de l'oreille et dans la partie
sup�rieure de la conque.

Des bracelets aux poignets et aux chevilles compl�tent la toilette.

Tous les bijoux des femmes de l'Aur�s sont en argent; et la femme pauvre
comme la femme ais�e, la femme jeune comme la femme vieille porte ces
bijoux plus ou moins nombreux suivant leur condition.

La reine de l'Aur�s (reine galante), a �t� mari�e � douze ans � un
cheik. Elle a ensuite divorc� pour se remarier deux fois. Maintenant
elle est Azria (fille galante), condition qu'elle pr�f�re sans doute aux
pr�c�dentes, car elle a refuse plusieurs fois de prendre un quatri�me
mari.

A trois heures de l'apr�s midi de ce m�me jour, M. Delp�rier de
Labruzerie, administrateur-adjoint vient me rejoindre et remplace M.
Arippe qui rentre � Lamb�se; ce nouveau compagnon de voyage restera avec
moi jusqu'� la fin de ma mission.

Apr�s avoir �t� salu�s parles indig�nes et accompagn�s par le cheik,
nous quittons Baali nous dirigeant vers Chir en suivant le fond de la
vall�e de l'Oued Abdi.

La reine de l'Aur�s nous accompagne.

Nous suivons de petits sentiers parfois d�couverts, parfois tr�s
ombrag�s par les arbres fruitiers dont les branches s'�chappent des
jardins; tr�s souvent nos b�tes marchent dans l'eau, ou bien ont �
suivre des pentes raides form�es par de grosses pierres en escaliers.

Apr�s quatre heures et demie d'une marche p�nible nous arrivons � Chir.
A sept heures et demie, la nuit est presque venue. Le cheik nous conduit
dans le gourbi qui nous est pr�par� et dont l'am�nagement ne laisse pas
que d'�tre tout � fait pittoresque et confortable. Des tapis cachent les
montants de bois qui soutiennent la terrasse; des fleurs en gerbe sur
une table o� br�le des lampes au p�trole, ce qui g�te un peu la couleur
locale; mais l'ensemble n'en demeurera pas moins plaisant � l'oeil.

Un excellent repas nous est servi et nous demandons � nous reposer des
fatigues d'une journ�e bien remplie. Nous avions march� plus de sept
heures � dos de mulet.

Le lendemain, 14 mai, ma consultation commenc�e dans la matin�e dura
jusqu'au soir.

J'avais re�u les m�dicaments command�s et je pouvais contenter ces
pauvres malades auxquels on ne peut songer � d�livrer des ordonnances.
Ils sont tout � la la fois trop mis�rables et trop �loign�s d'un centre
o� ils pourraient s'approvisionner de m�dicaments.

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Books | Photos | Paul Mutton | Thu 3rd Apr 2025, 20:18