Félix Poutré by Louis H. Fréchette


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Page 20

LE JUGE--A-t-on fait venir le nomm� F�lix Poutr�?

LE SH�RIF--Il va �tre ici dans un instant.

LE JUGE--Bien, nous allons t�cher de lui faire subir un
interrogatoire quelconque. Peut-�tre que, dans sa folie, il pourra
faire quelques d�clarations qui pourront nous �tre d'une grande
utilit�. Il est toujours sous le coup d'une ali�nation mentale,
m'a-t-on dit. Il est heureux, celui-l�, car on peut dire que sa
sentence �tait d�j� �crite.

SH�RIF--Votre Honneur me permettra de lui faire observer que voil�
d�j� plus de deux mois que le pauvre jeune homme a perdu la raison.
Les soins du m�decin de la prison ont �t� inutiles; son �tat va
toujours empirant et menace de devenir dangereux et pour lui et pour
les autres prisonniers qui sont � chaque instant expos�s � toutes
sortes de mauvais traitements de sa part. Deux fois par jour, il a
des attaques d'�pilepsie et se d�bat dans les convulsions les plus
�pouvantables. Et quand ses crises sont pass�es, il se rue sur ses
compagnons et assomme tous ceux qu'il peut atteindre. Six hommes ne
lui p�sent gu�re au bout des bras. Il casse les vitres de la prison;
renverse l'eau des prisonniers, jette leurs v�tements au feu, et
assomme les tourne-clefs, tellement qu'il n'y a plus que le ge�lier
en chef qui puisse mettre le pied dans cette chambre. Il n'y a que
quelques jours encore, il a failli mettre le feu � la prison; il
s'�tait mis dans la t�te que le po�le n'�tait pas de niveau, qu'il
fallait le plomber. Apr�s avoir mis cinq ou six quartiers de bois
sous les pattes du po�le, il le plomba et le replomba si bien que le
po�le finit par tomber par terre avec le tuyau, et que le feu �tait
d�j� pris au plancher quand on parvint � l'�teindre. On voit sans
peine qu'une folie comme celle-l� peut avoir les cons�quences les
plus dangereuses, et mon avis serait de renvoyer le pauvre gar�on
dans sa famille. Peut-�tre que son retour sous le toit paternel lui
fera recouvrer la raison que la crainte de l'�chafaud lui aura sans
doute fait perdre.

LE JUGE--C'est bien, j'en parlerai aux autorit�s, et nous verrons.

LE SH�RIF--Je l'ai fait venir avec un certain B�chard, prisonnier
comme lui, et qui est le seul qui semble avoir conserv� quelque
empire sur son esprit. Il n'y a que lui qui ait pu l'engager �
sortir de sa prison.

LE GE�LIER, _entrant_--Voici les prisonniers.

LE JUGE--Faites-les entrer!

(_Le Ge�lier fait entrer F�lix et B�chard._)


SC�NE II

_Les Pr�c�dents, F�LIX, B�CHARD, le GE�LIER_

LE SH�RIF--F�lix Poutr�, approchez et r�pondez aux questions qu'on
va vous faire.

F�LIX--Oui, oui! Mais j'ai � vous dire d'abord que vous allez
commencer par laisser toutes ces places-l� vides! Vous n'avez pas
d'affaires ici du tout. J'ai une arm�e de dix mille hommes qui va
arriver ici tout � l'heure: il n'y a pas de si�ges de reste.

LE SH�RIF, _au juge_--Votre Honneur voit qu'il n'y a pas moyen de
tirer une parole de bon sens d'une cervelle comme celle-l�.

LE JUGE--F�lix Poutr�, vous �tes ici devant un tribunal; vous devez
savoir que nous avons le pouvoir de vous traiter comme bon nous
semblera. Ce que vous avez de mieux � faire, c'est de r�pondre de
suite aux questions qu'on va vous poser. Premi�rement dites-nous . . .

F�LIX--Premi�rement . . . je vais vous dire . . . que vous �tes tous
une bande de fain�ants avec vos grandes robes noires et vos fichus
blancs! Vous des juges! vous �tes des voleurs. Il y a longtemps que
vous volez l'argent du gouvernement � ne rien faire . . . Maintenant
que je suis gouverneur, il faut que ces b�tises-l� finissent,
entendez-vous? . . . Je ne sais pas ce qui me retient de vous chasser
tout de suite. Je n'ai pas �t� plac� � la t�te du pays pour rien;
vous avez besoin de filer droit, je vous en avertis . . . C'est tout
ce que j'ai � vous dire.

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Books | Photos | Paul Mutton | Tue 13th Jan 2026, 12:21