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Page 57
Quant à J.-T. Maston, on put croire que sa dernière heure était venue.
En effet, une foule délirante pénétra dans sa prison, le soir du 17 septembre,
avec l’intention de le lyncher, et, il faut bien le dire, les agents de la
police ne lui firent point obstacle.
La cellule de J.-T. Maston était vide. Avec le poids d’or de ce digne
artilleur, Mrs Evangélina Scorbitt était parvenue à le faire échapper. Le
geôlier s’était d’autant plus laissé séduire par l’appât d’une fortune, qu’il
comptait bien en jouir jusqu’aux dernières limites de la vieillesse. En effet,
Baltimore, comme Washington, New-York et autres principales cités du littoral
américain, était dans la catégorie des villes surélevées, mais auxquelles il
resterait assez d’air pour la consommation quotidienne de leurs habitants.
J.-T. Maston avait donc pu gagner une retraite mystérieuse et se dérober ainsi
aux fureurs de l’indignation publique. C’est ainsi que l’existence de ce grand
troubleur de mondes fut sauvée par le dévouement d’une femme aimante. Du reste,
plus que quatre jours à attendre quatre jours! avant que les projets de
Barbicane and Co. fussent à l’état de faits accomplis!
On le voit, l’avis pressant avait été entendu autant qu’il le pouvait être. Si,
au début, il y avait eu quelques sceptiques au sujet des catastrophes prédites,
il n’y en avait plus. Les gouvernements s’étaient hâtés de prévenir ceux de
leurs nationaux en petit nombre relativement qui allaient être surélevés
dans des zones d’air raréfié; puis, ceux, en nombre plus considérable, dont le
territoire serait envahi par les mers.
En conséquence de ces avis, transmis par télégrammes à travers les cinq parties
du monde, commença une émigration telle que jamais on n’en vit de semblable
même à l’époque des migrations aryennes dans la direction de l’est à l’ouest.
Ce fut un exode comprenant en partie les rameaux des races hottentotes,
mélanésiennes, nègres, rouges, jaunes, brunes et blanches…
Malheureusement, le temps manquait. Les heures étaient comptées. Avec quelques
mois de répit, les Chinois auraient pu abandonner la Chine, les Australiens
l’Australie, les Patagons la Patagonie, les Sibériens les provinces
sibériennes, etc., etc.
Mais, comme le danger était localisé, maintenant que l’on connaissait les
points du globe à peu près indemnes, l’épouvante fut moins générale. Quelques
provinces, certains États même, commencèrent à se rassurer. En un mot, sauf
dans les régions menacées directement, il ne resta plus que cette appréhension
bien naturelle que ressent tout être humain à l’attente d’un effroyable choc.
Et, pendant ce temps, Alcide Pierdeux de se répéter en gesticulant comme un
télégraphe des anciens temps :
« Mais comment diable le président Barbicane parviendrait-il à fabriquer un
canon un million de fois gros comme le canon de vingt-sept? Satané Maston! Je
voudrais bien le rencontrer pour lui pousser une colle à ce sujet! Ça ne biche
avec rien de sensé, rien de raisonnable, et c’est par trop catapultueux! »
Quoi qu’il en fût, l’insuccès de l’opération, c’était là l’unique chance que
certaines parties du globe terrestre eussent encore d’échapper à l’universelle
catastrophe!
XVII
Ce qui s’est fait au Kilimandjaro pendant huit
mois de cette année mémorable.
Le pays de Wamasai est situé dans la partie orientale de l’Afrique centrale,
entre la côte de Zanguebar et la région des grands lacs, où le Victoria-Nyanza
et le Tanganiyka forment autant de mers intérieures. Si on le connaît en
partie, c’est qu’il a été visité par l’anglais Johnston, le comte Tékéli et le
docteur allemand Meyer. Cette contrée montagneuse se trouve sous la
souveraineté du sultan Bâli-Bâli, dont le peuple est composé de trente à
quarante mille nègres.
À trois degrés au-dessous de l’Équateur, se dresse la chaîne du Kilimandjaro,
qui projette ses plus hautes cimes entre autres celle du Kibo à une
altitude de 5704 mètres [Note 18: Près de 1000 mètres de plus que le
Mont-Blanc.] Cet important massif domine, vers le sud, le nord et l’ouest, les
vastes et fertiles plaines du Wamasai, en se reliant avec le lac
Victoria-Nyanza, à travers les régions du Mozambique.
À quelques lieues au-dessous des premières rampes du Kilimandjaro, s’élève la
bourgade de Kisongo, résidence habituelle du sultan. Cette capitale n’est, à
vrai dire, qu’un grand village. Elle est occupée par une population très douée,
très intelligente, travaillant autant par elle-même que par ses esclaves, sous
le joug de fer que lui impose Bâli-Bâli.
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