Bulletin de Lille, Dec. 1915 by Anonymous


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Page 43

Chute d'obus sur Lille

Cinq obus sont tomb�s sur la ville le 10 d�cembre, vers 3 heures 40:

1� Sur les immeubles n� 50 et 54, rue Basse, o� ils ont occasionn� des
d�g�ts mat�riels assez importants, sans accident de personne;

2� Rue d'Angleterre, chez M. Courtot, loueur de voiture, o� les �curies,
construites en bois, et un lanterneau, ont �t� d�truits. Le m�me obus
a caus� quelques d�g�ts au tissage Belle-Sueur, 11. rue Doudin. Pas
d'accident de personne.

3� Rue Sainte-Catherine, 36, chez M. Tys, coiffeur, le projectile a
travers� les 4e, 3e et 2e �tages du quartier de derri�re de l'immeuble,
y causant des d�g�ts mat�riels importants. A cette adresse, un nomm�
Couvez, qui a eu la jambe cass�e r�cemment, se l'est de nouveau bris�e,
en voulant se sauver.

4� Fa�ade de l'Esplanade, sur le terre-plein. L�, l'obus n'a creus�
qu'une excavation.

5� Dans la cour de la Maison Descamps-Beaucourt, rue
Jean-Jacques-Rousseau, pas d'accident de personne.
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Monnaies de Guerre

La p�nurie croissante de billon dans plusieurs des Etats bellig�rants,
a donn� naissance � des monnaies divisionnaires de circonstance. C'est
ainsi, qu'� Lille, on a mis en circulation des Jetons de 5 et 10
centimes, en parchemin d'un seul jet (non d�collable). La Belgique a
frapp� de son c�t� des pi�ces en zinc de 5, 10 et 25 centimes, analogues
� ses pi�ces de nickel, mais non perfor�es comme celles-ci. En
Allemagne, on frappe des pi�ces de 1, 2 et 5 pfennig. Ces pi�ces sont
en acier. On pourrait se demander pourquoi on a choisi l'acier, qui se
rouille si facilement, au lieu de la fonte, moins sujette � la rouille,
et dont l'emploi eut �t� plus avantageux. Il y avait � cela, dit la
_Gazette de Voss_, plusieurs raisons, dont la principale est que la
science a mis � notre disposition plusieurs proc�d�s permettant de faire
perdre � l'acier la propri�t� de se rouiller.

Les deux principaux de ces proc�d�s sont: la _Sh�rardisation_ et la mise
en �tat, dit de _passivit�_, du m�tal. Les premi�res monnaies mises en
cours, ont �t� sh�rardis�es. Quand on aura pu constater les effets de ce
proc�d�, on pourra se rendre compte de la mesure dans laquelle on pourra
recourir, plus tard, � la passivit�. La sh�rardisation tire son nom
de son inventeur, l'ing�nieur des mines anglais bien connu, Sherard
Cowper-Coles. Elle consiste � recouvrir la surface du m�tal d'une couche
de zinc, mais en op�rant d'une fa�on particuli�re. On commence par
d�caper soigneusement les objets � traiter, on les entasse ensuite dans
un grand r�cipient en fer, dans lequel se trouve de la poudre de zinc.
On fait chauffer le tout pendant quelques heures � 250-350�, et on
laisse ensuite refroidir lentement. Apr�s complet refroidissement,
on ouvre le r�cipient et on en retire le contenu. Les objets, ainsi
trait�s, sont recouverts d'une couche mince et extr�mement uniforme de
zinc, dont l'�paisseur varie avec la temp�rature employ�e et la dur�e
du chauffage. On peut obtenir des enrobements en zinc ayant l'�paisseur
d'un souffle, aussi bien que des couches assez �paisses. Ce qu'il y a
de remarquable dans ce proc�d�, c'est que la temp�rature doit rester
au dessous du point de fusion du zinc. Celui-ci ne fond donc pas, mais
adh�re � la surface du fer pour des raisons encore incompl�tement
connues. D�s que le zinc se combine avec l'oxyg�ne de l'air, de fa�on �
former de l'oxyde de zinc, la solidit� de l'enduit diminue. On emp�chera
donc l'acc�s de l'air, soit en faisant le vide dans le r�cipient, soit
en ajoutant � la poudre de zinc une faible quantit� (environ 5%) de
charbon r�duit en poudre fine. Les objets sont alors de couleur un peu
plus fonc�e.

L'autre proc�d� pour emp�cher l'acier de se rouiller, consiste � le
plonger dans l'acide nitrique, l'acier acquiert ainsi ce que l'on
appelle la _passivit�_. Lorsqu'on plonge du fer dans l'acide nitrique
�tendu, il s'y dissout. Mais, si l'on emploie de l'acide concentr�, de
densit� sup�rieure � 1.35, il n'y a plus dissolution, et le fer, trait�
par cet acide concentr�, acquiert la propri�t� de ne plus �tre attaqu�
par l'acide faible, en m�me temps que celle de ne plus se rouiller.
Cette d�couverte a une grande importance technique. Elle a permis, par
exemple, de remplacer dans la pile de Bunsen, le platine, inattaquable
par l'acide nitrique, par le fer passif, bien moins co�teux. On croyait
autrefois qu'il se d�posait sur le fer une mince couche d'oxyde, qui
prot�geait le m�tal sous-jacent. Une semblable passivit�, produite
par une couche protectrice, est ce que l'on appelle la �_passivit�
m�canique_�. Mais il y a encore, � c�t� d'elle, une _passivit�
chimique_, reposant sur l'incorporation superficielle d'une substance
�trang�re, et qui a la propri�t� d'agir comme catalysateur n�gatif,
c'est-�-dire, de retarder le processus ou ph�nom�ne chimique, ce
retard peut m�me �tre assez grand pour �quivaloir, pratiquement, � une
annihilation compl�te. Dans l'�tat actuel de la science, il n'est pas
possible de dire si la suppression de la tendance � se rouiller, est due
� la passivit� m�canique, ou � la passivit� chimique, ou, comme on a
quelques raisons de le supposer, � toutes les deux r�unies.
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Books | Photos | Paul Mutton | Thu 15th Jan 2026, 9:40