Sans dessus dessous by Jules Verne


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Page 64

Or, quelques minutes après son lever, le disque radieux inclinait déjà vers
l’hémisphère austral.

Rien n’était donc changé à sa marche apparente.

Le major Donellan et ses collègues saluèrent le flambeau céleste par des
hurrahs enthousiastes et lui firent « une entrée », comme on dit au théâtre. Le
ciel était superbe alors, l’horizon nettement dégagé des vapeurs de la nuit, et
jamais le grand acteur ne se présenta sur une plus belle scène, dans de telles
conditions de splendeur, devant un public émerveillé!

« Et à la place même marquée par les lois de l’astronomie!… s’écria Éric
Baldenak.

— De notre ancienne astronomie, fit observer Boris Karkof, et que ces insensés
prétendaient anéantir!

— Ils en seront pour leurs frais et leur honte! ajouta Jacques Jansen, par la
bouche duquel la Hollande semblait parler tout entière.

— Et le domaine arctique restera éternellement sous les glaces qui le
recouvrent! riposta le professeur Jan Harald.

— Hurrah pour le Soleil! s’écria le major Donellan. Tel il est, tel il suffit
au besoin du Monde!

— Hurrah!… Hurrah! » répétèrent d’une seule voix les représentants de la
vieille Europe.

C’est alors que Dean Toodrink, qui n’avait rien dit jusqu’alors, se signala par
cette observation assez judicieuse :

« Mais ils n’ont peut-être pas tiré?…

— Pas tiré?… s’exclama le major. Fasse le ciel qu’ils aient tiré, au contraire,
et plutôt deux fois qu’une! »

Et c’est précisément ce que se disaient J.-T. Maston et Mrs Evangélina
Scorbitt. C’est aussi ce que se demandaient les savants et les ignorants, unis
cette fois par la logique de la situation.

C’est même ce que se répétait Alcide Pierdeux, en ajoutant :

« Qu’ils aient tiré ou non, peu importe!… La Terre n’a pas cessé de valser sur
son vieil axe et de se balader comme d’habitude! »

En somme, on ignorait ce qui s’était passé au Kilimandjaro. Mais, avant la fin
de la journée, une réponse était faite à cette question que se posait
l’humanité.

Une dépêche arriva aux États-Unis, et voici ce que contenait cette dernière
dépêche, envoyée par Richard W. Trust, du consulat de Zanzibar :

Zanzibar, 23 septembre,
Sept heures vingt-sept minutes du matin.
« _À John S. Wright, ministre d’État._
« Coup tiré hier soir minuit précis par engin foré dans revers
méridional du Kilimandjaro. Passage de projectile avec sifflements
épouvantables. Effroyable détonation. Province dévastée par trombe
d’air. Mer soulevée jusqu’au canal Mozambique. Nombreux navires
désemparés et mis à la côte. Bourgades et villages anéantis. Tout va
bien.
« RICHARD W. TRUST. »

Oui! tout allait bien, puisque rien n’était changé à l’état de choses, sauf les
désastres produits dans le Wamasai, en partie rasé par cette trombe
artificielle, et les naufrages provoqués par le déplacement des couches
aériennes. Et n’en avait-il pas été ainsi, lorsque la fameuse Columbiad avait
lancé son projectile vers la Lune? La secousse, communiquée au sol de la
Floride, ne s’était-elle pas fait sentir dans un rayon de cent milles? Oui,
certes! et, cette fois, l’effet avait dû être centuplé.

Quoi qu’il en soit, la dépêche apprenait deux choses aux intéressés de l’Ancien
et du Nouveau Continent :

1° Que l’énorme engin avait pu être fabriqué dans les flancs mêmes du
Kilimandjaro.

2° Que le coup avait été tiré à l’heure dite.

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Books | Photos | Paul Mutton | Wed 18th Feb 2026, 18:58