Cyrano de Bergerac by Edmond Rostand


Main
- books.jibble.org



My Books
- IRC Hacks

Misc. Articles
- Meaning of Jibble
- M4 Su Doku
- Computer Scrapbooking
- Setting up Java
- Bootable Java
- Cookies in Java
- Dynamic Graphs
- Social Shakespeare

External Links
- Paul Mutton
- Jibble Photo Gallery
- Jibble Forums
- Google Landmarks
- Jibble Shop
- Free Books
- Intershot Ltd

books.jibble.org

Previous Page | Next Page

Page 85

DE GUICHE (à Carbon):
Il faut gagner du temps. Le maréchal revient.

CARBON:
Et pour gagner du temps ?

DE GUICHE:
Vous aurez l'obligeance
De vous faire tuer.

CYRANO:
Ah ! voilà la vengeance ?

DE GUICHE:
Je ne prétendrai pas que si je vous aimais
Je vous eusse choisis vous et les vôtres, mais,
Comme à votre bravoure on n'en compare aucune,
C'est mon Roi que je sers en servant ma rancune.

CYRANO (saluant):
Souffrez que je vous sois, monsieur, reconnaissant.

DE GUICHE (saluant):
Je sais que vous aimez vous battre un contre cent.
Vous ne vous plaindrez pas de manquer de besogne.
(Il remonte, avec Carbon.)

CYRANO (aux cadets):
Eh bien donc ! nous allons au blason de Gascogne,
Qui porte six chevrons, messieurs, d'azur et d'or,
Joindre un chevron de sang qui lui manquait encor !
(De Guiche cause bas avec Carbon de Castel-Jaloux, au fond. On donne
des ordres. La résistance se prépare. Cyrano va vers Christian qui est
resté immobile, les bras croisés.)

CYRANO (lui mettant la main sur l'épaule):
Christian ?

CHRISTIAN (secouant la tête):
Roxane !

CYRANO:
Hélas !

CHRISTIAN:
Au moins, je voudrais mettre
Tout l'adieu de mon cœur dans une belle lettre !. . .

CYRANO:
Je me doutais que ce serait pour aujourd'hui.
(Il tire un billet de son pourpoint):
Et j'ai fait tes adieux.

CHRISTIAN:
Montre !. . .

CYRANO:
Tu veux ?. . .

CHRISTIAN (lui prenant la lettre):
Mais oui !
(Il l'ouvre, lit et s'arrête):
Tiens !

CYRANO:
Quoi ?

CHRISTIAN:
Ce petit rond ?. . .

CYRANO (reprenant la lettre vivement, et regardant d'un air naïf):
Un rond ?. . .

CHRISTIAN:
C'est une larme !

CYRANO:
Oui. . .Poète, on se prend à son jeu, c'est le charme !. . .
Tu comprends. . .ce billet,--c'était très émouvant:
Je me suis fait pleurer moi-même en l'écrivant.

Previous Page | Next Page


Books | Photos | Paul Mutton | Thu 19th Feb 2026, 5:46