Cyrano de Bergerac by Edmond Rostand


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Page 103

CARBON:
Nous plions ! J'ai reçu deux coups de pertuisane !

CYRANO (criant aux Gascons):
Hardi ! Reculès pas, drollos !
(A Carbon, qu'il soutient):
N'ayez pas peur !
J'ai deux morts à venger: Christian et mon bonheur !
(Ils redescendent. Cyrano brandit la lance où est attaché le mouchoir
de Roxane):
Flotte, petit drapeau de dentelle à son chiffre !
(Il la plante en terre; il crie aux cadets):
Toumbé dèssus ! Escrasas lous !
(Au fifre):
Un air de fifre !
(Le fifre joue. Des blessés se relèvent. Des cadets dégringolant le
talus, viennent se grouper autour de Cyrano et du petit drapeau. Le
carrosse se couvre et se remplit d'hommes, se hérisse d'arquebuses, se
transforme en redoute.)

UN CADET (paraissant, à reculons, sur la crête, se battant toujours, crie):
Ils montent le talus !
(et tombe mort.)

CYRANO:
On va les saluer !
(Le talus se couronne en un instant d'une rangée terrible d'ennemis.
Les grands étendards des Impériaux se lèvent):
Feu !
(Décharge générale.)

CRI (dans les rangs ennemis):
Feu !
(Riposte meurtrière. Les cadets tombent de tous côtés.)

UN OFFICIER ESPAGNOL (se découvrant):
Quels sont ces gens qui se font tous tuer ?

CYRANO (récitant debout au milieu des balles):
Ce sont les cadets de Gascogne,
De Carbon de Castel-Jaloux;
Bretteurs et menteurs sans vergogne. . .
(Il s'élance, suivi des quelques survivants):
Ce sont les cadets. . .
(Le reste se perd dans la bataille.)


Rideau.




Acte V.

La Gazette de Cyrano.

Quinze ans après, en 1655. Le parc du couvent que les Dames de la Croix
occupaient à Paris.

Superbes ombrages. A gauche, la maison; vaste perron sur lequel ouvrent
plusieurs portes. Un arbre énorme au milieu de la scène, isolé au milieu
d'une petite place ovale. A droite, premier plan, parmi de grands buis,
un banc de pierre demi-circulaire.

Tout le fond du théâtre est traversé par une allée de marroniers qui
aboutit à droite, quatrième plan, à la porte d'une chapelle entre-vue
parmi les branches. A travers le double rideau d'arbres de cette allée,
on aperçoit des fuites de pelouses, d'autres allées, des bosquets, les
profondeurs du parc, le ciel.

La chapelle ouvre une porte latérale sur une colonnade enguirlandée de
vigne rougie, qui vient se perdre à droite, au premier plan, derrière
les buis.

C'est l'automne. Toute la frondaison est rousse au-dessus des pelouses
fraîches. Taches sombres des buis et des ifs restés verts. Une plaque de
feuilles jaunes sous chaque arbre. Les feuilles jonchent toute la scène,
craquent sous les pas dans les allées, couvrent à demi le perron et les
bancs.

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Books | Photos | Paul Mutton | Fri 20th Feb 2026, 16:40